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Les économistes et politologues nicaraguayens ont mis en garde contre les effets « dévastateurs » si les États-Unis appliquaient des droits de douane à 100 %.

Publié le 22 octobre 2023 18:12:00. Washington menace le Nicaragua de sanctions commerciales sévères, incluant des droits de douane pouvant atteindre 100 %, en réponse à la situation politique et aux droits de l'homme dans le pays, ce…

Les économistes et politologues nicaraguayens ont mis en garde contre les effets « dévastateurs » si les États-Unis appliquaient des droits de douane à 100 %.

Publié le 22 octobre 2023 18:12:00. Washington menace le Nicaragua de sanctions commerciales sévères, incluant des droits de douane pouvant atteindre 100 %, en réponse à la situation politique et aux droits de l’homme dans le pays, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour l’économie nicaraguayenne.

  • Les États-Unis envisagent d’imposer des droits de douane supplémentaires allant jusqu’à 100 % sur les produits nicaraguayens.
  • Washington pourrait également suspendre ou retirer les avantages commerciaux accordés au Nicaragua dans le cadre du DR-CAFTA (Accord de libre-échange avec l’Amérique centrale et la République dominicaine).
  • Les économistes nicaraguayens préviennent que ces mesures pourraient entraîner un effondrement économique.

Les autorités américaines durcissent le ton face au régime de Daniel Ortega et Rosario Murillo. Le Bureau du représentant américain au commerce (USTR) a annoncé étudier une série de mesures punitives contre le Nicaragua, justifiées par des préoccupations croissantes concernant les droits du travail, les droits de l’homme, les libertés fondamentales et l’état de droit. Parmi les options envisagées figurent des droits de douane supplémentaires, pouvant aller jusqu’à 100 %, sur certains ou tous les produits importés du Nicaragua, et ce de manière immédiate ou progressive sur une période maximale de douze mois.

L’USTR pourrait également décider de suspendre, de retirer ou d’interdire l’application des avantages commerciaux accordés au Nicaragua dans le cadre du DR-CAFTA. Selon l’USTR, les actions, politiques et pratiques du gouvernement nicaraguayen entravent ou limitent le commerce américain de manière déraisonnable.

Les conséquences d’une telle décision seraient potentiellement dévastatrices pour l’économie nicaraguayenne, selon les experts. L’économiste nicaraguayen Juan Sebastián Chamorro, dénationalisé et exilé, a déclaré :

« C’est une mesure extrêmement violente et extrêmement grave, et les conséquences pourraient être dévastatrices pour l’économie nicaraguayenne. »

Juan Sebastián Chamorro, économiste nicaraguayen

Il souligne que les États-Unis constituent le principal marché pour les exportations nicaraguayennes, notamment l’or brut et les produits textiles.

Chamorro, qui a été libéré de prison et expulsé vers Washington après avoir été accusé de « trahison du pays », met également en garde contre l’impact sur les investissements étrangers. Selon lui, tout investisseur potentiel devra désormais tenir compte du risque de perdre les avantages commerciaux du DR-CAFTA si les États-Unis décident de les retirer au Nicaragua.

Manuel Orozco, politologue nicaraguayen, estime que le régime sandiniste pourrait atténuer l’impact de ces sanctions en adoptant des mesures correctives. Cependant, il avertit qu’une confrontation ouverte avec les États-Unis serait vouée à l’échec, conduisant à un effondrement économique.

« L’une des conséquences les plus probables (…) est que de nombreuses entreprises choisiront de quitter le pays par crainte de tarifs douaniers punitifs de plus de 20 % (voire 100 %), comme cela s’est produit initialement contre la République populaire de Chine. »

Manuel Orozco, politologue nicaraguayen

Orozco propose plusieurs pistes, notamment la demande d’un moratoire pour mettre en œuvre des changements concrets et positifs, incluant une feuille de route pour sortir le pays de son état dictatorial. Il insiste sur la nécessité de mesures telles que la libération des prisonniers politiques, la restitution des biens confisqués, l’abrogation des lois répressives adoptées depuis 2019 (notamment la loi sur les agents étrangers et la loi sur la souveraineté), la réforme du système judiciaire et l’organisation d’élections libres et transparentes.

Selon Orozco, ces mesures constituent le minimum requis pour éviter une catastrophe économique. À défaut, le régime Ortega-Murillo ne pourra compter que sur un alignement avec la Chine, qui ne pourra en aucun cas compenser la perte du marché nord-américain.

L’USTR acceptera les commentaires du public jusqu’au 19 novembre avant de prendre une décision finale sur l’application de ces mesures. En février dernier, le sénateur américain Marco Rubio avait déjà annoncé que Washington étudierait la possibilité d’exclure le Nicaragua du DR-CAFTA, un accord qui a permis de quadrupler les exportations nicaraguayennes vers les États-Unis depuis son entrée en vigueur en 2006.

(Avec informations de l’EFE)

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.