Publié le 24 décembre 2025 à 00h00. Les églises néerlandaises sont confrontées à des difficultés financières croissantes, liées à l’augmentation des coûts et à la stagnation des dons, les obligeant à explorer de nouvelles sources de financement, y compris auprès de publics non traditionnels.
- Les charges des églises (chauffage, salaires, entretien) augmentent, tandis que les dons restent stables, ne compensant pas l’inflation.
- L’organisation Actie Kerkbalans cherche à diversifier les donateurs, en ciblant notamment les non-chrétiens et les jeunes.
- Certaines églises expérimentent de nouveaux modèles de financement, comme l’abonnement mensuel, pour assurer leur pérennité.
Les communautés religieuses aux Pays-Bas voient leurs finances mises à rude épreuve. L’augmentation générale des prix, touchant notamment le chauffage et les salaires du personnel, pèse lourdement sur leurs budgets. Si les revenus issus des dons restent globalement stables, ils ne suffisent plus à absorber l’inflation, créant une situation préoccupante pour de nombreuses églises.
Chaque année, les bénévoles des églises néerlandaises organisent en janvier une vaste campagne de collecte de fonds, essentielle pour couvrir une partie de leurs dépenses. « Pour certaines communautés, cette action est vitale », explique Joost Schelling, du VKB Kerkrentmeesters, impliqué de près dans cette campagne.
Pour dynamiser les collectes, Actie Kerkbalans concentre ses efforts sur différents groupes de donateurs : les contributeurs habituels, les personnes âgées, mais aussi les jeunes et, de plus en plus, les personnes ne se revendiquant pas de la foi chrétienne. Cette année, l’organisation accorde une attention particulière à ces derniers, en facilitant les dons pour ceux qui souhaitent soutenir l’église locale sans nécessairement être croyants.
Sur une nouvelle page web, Actie Kerkbalans s’adresse directement aux non-chrétiens et à ceux qui sont moins impliqués dans la vie de l’Église. « Ils sont souvent disposés à donner de l’argent pour l’église de leur quartier ou de leur village », souligne Anna Kruse, de l’organisation. « Ils ne savent pas toujours comment faire. De plus, les gens ne voient pas seulement l’église comme un lieu de culte, mais aussi comme un espace chargé d’histoire et de rencontres. »
« Ce n’est que lorsque l’église est menacée de fermeture que les gens réalisent vraiment son importance », observe Tabitha van Krimpen, experte en affaires et théologienne à la Vrije Universiteit Amsterdam. « Les gens ne se rendent pas toujours compte du coût de son fonctionnement. »
Ces dernières années, les églises protestantes ont collecté environ 172 millions d’euros par an grâce à la campagne Church Balance. « L’inflation des dernières années n’est plus compensée », constate Schelling. « En réalité, ce montant aurait dû atteindre 204 millions d’euros en 2021. »
Les églises catholiques récoltent beaucoup moins grâce à cette campagne : environ 37 millions d’euros par an. L’Église morave et l’Église vieille-catholique des Pays-Bas y participent également, avec une collecte d’un demi-million d’euros ces quatre dernières années.
Actie Kerkbalans doit se moderniser, estime Tabitha van Krimpen. « De nouvelles approches sont nécessaires pour impliquer les jeunes générations dans l’avenir de l’Église. Les jeunes sont habitués à payer un abonnement mensuel pour Netflix et Spotify, pourquoi pas pour l’Église ? »
Certaines églises explorent déjà cette voie. La Veenkerk protestante d’Amersfoort a mis en place un système d’abonnement continu, évitant ainsi d’avoir à organiser une collecte de fonds annuelle. La pasteur Rolinka Klein Kranenburg explique que ce système permet de garantir un revenu stable et prévisible.
Un autre avantage de l’abonnement est la possibilité d’ajuster le montant en fonction de l’inflation, selon Klein Kranenburg. La contribution augmentera chaque année de 3 à 5 pour cent, sauf si les abonnés expriment leur désaccord.
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