Publié le 17 décembre 2025 à 10h18. Une coalition d’entreprises plaide pour des incitations fiscales plus fortes pour encourager les salariés à privilégier le vélo ou les transports en commun pour leurs trajets domicile-travail, estimant que la voiture polluante est actuellement trop souvent favorisée.
- Les employeurs pourraient bénéficier d’avantages fiscaux en encourageant leurs employés à utiliser des modes de transport plus durables.
- La coalition propose d’augmenter l’indemnité kilométrique pour le vélo et de simplifier les règles pour l’acquisition de vélos par les entreprises.
- Une clé de vélo symbolique sera remise aux députés pour illustrer la demande de la coalition.
Les entreprises ont les moyens d’agir pour réduire l’empreinte carbone des déplacements de leurs employés, mais elles ont besoin d’un cadre législatif plus favorable, selon la Coalition for Different Travel, qui regroupe une soixantaine d’entreprises de toutes tailles.
La coalition critique le fait que l’utilisation d’une voiture polluante soit actuellement encouragée de la même manière que le vélo, notamment via l’indemnité kilométrique.
« Il est étrange que l’indemnité kilométrique accordée en franchise d’impôt à un salarié soit la même pour le vélo et la voiture, alors que nous bénéficions tous grandement du fait qu’un plus grand nombre de personnes fassent du vélo. Cela se traduit par moins de bouchons et donc une meilleure accessibilité. »
Gwen Jansen, directrice de la coalition
Pour inciter davantage de personnes à opter pour le vélo, la coalition propose d’augmenter l’indemnité kilométrique. « Au lieu de 23 centimes par kilomètre, on pourrait l’augmenter à 30 ou 40 centimes », explique Gwen Jansen. Elle souligne que des entreprises comme KPN et ASML ont déjà constaté une augmentation du nombre d’employés se rendant au travail à vélo après avoir mis en place des mesures similaires.
Les petites entreprises se montrent également intéressées par l’offre de vélos à leurs employés, mais se heurtent à des contraintes liées au régime des frais de travail. « Un vélo entre alors en concurrence avec d’autres avantages comme un chèque-cadeau de Noël ou un abonnement sportif. Si vous dépassez le plafond, vous payez 80 % d’impôts. C’est contre-productif, car pourquoi une option durable devrait-elle rivaliser avec d’autres conditions de travail ? »
La Coalition Anders Reizen appelle donc les pouvoirs publics à rendre les déplacements domicile-travail à vélo plus attractifs sur le plan fiscal pour les entreprises, en créant par exemple une exonération permettant aux employeurs de fournir un vélo sans que cela soit considéré comme un avantage imposable.
Gwen Jansen précise que les employeurs peuvent déjà mettre en place des solutions alternatives, comme des navettes, mais qu’ils ont besoin de l’aide des pouvoirs publics pour lever les obstacles réglementaires. « Parfois, nous sommes confrontés à des réglementations que nous ne pouvons pas ajuster nous-mêmes. Mais nous pouvons aider le gouvernement en lui offrant la clé », conclut-elle. Aujourd’hui, elle remettra aux députés une clé de vélo symbolique d’un mètre de long pour illustrer cette proposition.
