Publié le 4 décembre 2025 à 06h00. Les entreprises suisses exportatrices anticipent un ralentissement économique en 2026, en raison des tensions commerciales avec les États-Unis et de l’incertitude persistante sur la scène internationale, selon une analyse d’Economiesuisse.
- Les secteurs de la machine, de l’horlogerie et de la technologie ont déjà connu une année 2025 difficile.
- Malgré un accord douanier récent avec les États-Unis, une reprise n’est pas attendue de sitôt.
- Economiesuisse prévoit une croissance du PIB suisse de seulement 1 % en 2026.
L’année 2025 a été marquée par des défis pour l’industrie suisse, notamment dans les secteurs de la machine, de l’horlogerie et de la technologie. Les tensions géopolitiques et les différends commerciaux, en particulier avec les États-Unis, ont pesé sur les exportations du pays. Si un accord douanier a été conclu avec les États-Unis, son impact positif tarde à se matérialiser.
Selon la dernière enquête menée par Economiesuisse, l’organisation faîtière de l’économie suisse, les entreprises affichent un pessimisme prudent quant à l’année à venir.
Incertitudes du commerce mondial
« Nous nous attendons à des volumes de ventes inférieurs en 2026 », a déclaré Rudolf Minsch, économiste en chef d’Economiesuisse. L’incertitude qui règne sur le commerce mondial devrait persister, et l’issue de l’accord douanier avec les États-Unis reste encore incertaine.
L’année a été jusqu’à présent difficile pour les industries suisses des machines, de l’horlogerie et de la technologie. L’industrie exportatrice est sous pression.
Keystone / Gaétan Bally (18.11.2025)
Economiesuisse souligne que les droits de douane de 15 % représentent une détérioration significative par rapport à 2024 et à une grande partie de l’année en cours. En conséquence, l’organisation prévoit un ralentissement de la croissance économique suisse l’année prochaine.
Communiqué de presse d’Economiesuisse
Economiesuisse estime que le produit intérieur brut (PIB) suisse ne progressera que de 1 % en 2026, contre 1,2 % cette année.
Une croissance supérieure à 1 % ?
Economiesuisse se montre plus pessimiste que d’autres institutions, comme le Centre de recherche économique de l’ETH Zurich (KOF), qui anticipe une croissance du PIB suisse supérieure à 1 % l’année prochaine. Les prévisions du KOF varient en fonction de l’impact de l’accord tarifaire de 15 % avec les États-Unis, soulignant la difficulté de faire des prévisions précises dans un contexte économique mondial incertain.
Toutefois, selon Economiesuisse, tous les secteurs de l’exportation suisse ne sont pas concernés par ce ralentissement.
« Dans les secteurs pharmaceutique et médical, les ventes devraient augmenter en 2026 par rapport à 2025 »
Rudolf Minsch, économiste en chef d’Economiesuisse
L’industrie pharmaceutique contribue de manière significative à la croissance économique suisse. Cependant, elle représente également un risque : le KOF s’attend à ce que les grandes entreprises pharmaceutiques, telles que Roche et Novartis, puissent délocaliser une partie de leurs activités aux États-Unis à moyen terme afin d’éviter de nouveaux droits de douane, ce qui aurait un impact négatif sur la croissance suisse.
L’industrie pharmaceutique s’installe aux États-Unis
Rudolf Minsch ne pense pas que les entreprises pharmaceutiques réduiront leurs investissements en Suisse l’année prochaine, en raison de la forte demande mondiale de produits pharmaceutiques.
Néanmoins, Economiesuisse anticipe une délocalisation progressive de la production vers les États-Unis à moyen et long terme. « Nous observons cette tendance depuis la pandémie de Covid-19, et elle s’est accentuée depuis », explique Minsch.
Si les entreprises pharmaceutiques suisses privilégient les investissements aux États-Unis au détriment de la Suisse, les prévisions de croissance actuelles d’Economiesuisse pourraient s’avérer trop optimistes, entraînant un ralentissement économique encore plus marqué dans les années à venir.
