Home MondeLes États-Unis affirment que l’armée utilise “une option” pour acquérir le Groenland

Les États-Unis affirment que l’armée utilise “une option” pour acquérir le Groenland

by Clara Dubois

Publié le 6 janvier 2024 à 23h54. L’ancien président américain Donald Trump réaffirme son intérêt pour l’acquisition du Groenland, suscitant l’inquiétude de plusieurs nations européennes qui se sont ralliées à l’île arctique et à son autonomie.

  • Donald Trump envisage toujours l’acquisition du Groenland, une idée qu’il avait déjà évoquée en 2019.
  • Plusieurs pays européens, dont la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, ont réaffirmé le droit du peuple groenlandais à disposer de lui-même.
  • La Maison Blanche n’exclut pas l’utilisation de moyens militaires pour atteindre cet objectif, ce qui inquiète les alliés de l’OTAN.

La possibilité d’une acquisition du Groenland par les États-Unis, relancée par d’anciennes déclarations de Donald Trump et des commentaires récents de la Maison Blanche, provoque une vive réaction internationale. L’île, d’une importance stratégique croissante en raison de sa position géographique et de ses ressources minières, est au centre d’une tension diplomatique grandissante.

Selon la Maison Blanche, l’acquisition du Groenland reste une option envisagée par l’administration Trump. Un communiqué précisait :

« Le président Trump a clairement indiqué que l’acquisition du Groenland était une priorité de sécurité nationale des États-Unis et qu’elle était vitale pour dissuader nos adversaires dans la région arctique. »

Maison Blanche

L’utilisation de l’armée américaine pour atteindre cet objectif n’est pas exclue.

« Le président et son équipe discutent d’une série d’options pour poursuivre cet objectif important de politique étrangère et, bien sûr, le recours à l’armée américaine est toujours une option à la disposition du commandant en chef. »

Maison Blanche

Cette perspective a immédiatement suscité une réaction ferme de la part de plusieurs puissances européennes. La France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Danemark ont publié une déclaration commune affirmant que le Groenland appartient à son peuple.

« Le Groenland appartient à son peuple. Il appartient au Danemark et au Groenland, et à eux seuls, de décider des questions concernant le Danemark et le Groenland. »

Déclaration commune des dirigeants européens

Ils ont également souligné la nécessité d’assurer la sécurité dans l’Arctique collectivement, avec les alliés de l’OTAN, y compris les États-Unis.

L’opération militaire américaine au Venezuela, qui a conduit à la capture d’un dirigeant local, a ravivé les craintes d’un scénario similaire au Groenland. Le Groenland a, à plusieurs reprises, exprimé son refus de faire partie des États-Unis.

Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a affirmé que le Danemark pouvait compter sur la solidarité européenne dans cette affaire.

« Aucun membre ne devrait attaquer ou menacer un autre membre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. Autrement, l’OTAN perdrait son sens en cas de conflit ou de conflits mutuels au sein de l’alliance. »

Donald Tusk, Premier ministre polonais

Les Pays-Bas ont également apporté leur soutien à la déclaration commune, selon le Premier ministre néerlandais Dick Schoof sur X.

Face aux critiques américaines concernant ses capacités de défense, le Danemark a promis l’année dernière un investissement de 42 milliards de couronnes danoises (6,58 milliards de dollars américains) pour renforcer sa présence militaire dans l’Arctique.

Les déclarations de la Maison Blanche ont été qualifiées de « dévastatrices » et « effrayantes » par l’eurodéputée danoise Stine Bosse. Elle a souligné que les États-Unis bénéficient déjà d’un accès complet au Groenland dans le cadre des accords de l’OTAN et des traités bilatéraux avec le Danemark. Selon elle, la base militaire américaine présente sur l’île pourrait être agrandie si nécessaire.

Mme Bosse a également insisté sur le désir du peuple groenlandais, fort de ses 60 000 habitants, de vivre en paix, de rechercher davantage d’indépendance et de développer le potentiel de son pays.

Stephen Miller, chef d’état-major de la Maison Blanche, a minimisé les préoccupations concernant la souveraineté danoise et le droit international, affirmant que le monde est « gouverné par la force ».

« Vous pouvez parler autant que vous voulez des subtilités internationales et de tout le reste. Mais nous vivons dans un monde, dans le monde réel, qui est gouverné par la force, qui est gouverné par la force, qui est gouverné par le pouvoir. »

Stephen Miller, chef d’état-major de la Maison Blanche

Il a ajouté que personne ne combattrait militairement les États-Unis pour l’avenir du Groenland.

L’épouse de Stephen Miller, Katie Miller, a publié sur X une image du Groenland aux couleurs du drapeau américain, accompagnée du mot « BIENTÔT », alimentant ainsi les spéculations.

Le Groenland, la plus grande île du monde, n’est pas un membre indépendant de l’OTAN, mais est protégé par l’adhésion du Danemark à l’alliance militaire occidentale. Sa position stratégique entre l’Europe et l’Amérique du Nord en fait un site crucial pour le système de défense antimissile balistique américain. Ses ressources minières pourraient également contribuer à réduire la dépendance de Washington vis-à-vis des exportations chinoises.

Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a déclaré que son gouvernement cherchait à renforcer les liens avec les États-Unis et a tenté de rassurer la population en affirmant qu’une prise de contrôle imminente par les États-Unis n’était pas à craindre.

Graham Butler, professeur de droit à l’Université du Danemark du Sud, estime que les commentaires de Donald Trump sont perçus comme une menace par le Danemark. Il a rappelé l’implication américaine dans la sécurité de l’Arctique depuis des décennies, mais a souligné que la rhétorique politique s’est intensifiée ces dernières années. Il a également précisé que le Danemark est ouvert à l’indépendance du Groenland, conformément au droit international.

Le professeur Butler a souligné que le problème réside dans le caractère unilatéral de la discussion, le gouvernement groenlandais n’étant pas disposé à négocier une vente aux États-Unis. Il a conclu que l’objectif de renforcer la sécurité dans la région peut être atteint par d’autres moyens que l’annexion ou la mobilisation de forces.

Reportage supplémentaire de Laura Fletcher

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