Washington et Canberra s’allient pour réduire leur dépendance aux exportations chinoises de terres rares, tandis que l’administration Trump menace de nouveaux droits de douane face aux restrictions commerciales de Pékin. Cette offensive s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer l’industrie manufacturière américaine et à sécuriser les chaînes d’approvisionnement.
Dans une déclaration ferme, Jamieson Greer, représentant américain au Commerce, a accusé la Chine de mener des « actions de représailles » destinées à dissuader les entreprises privées d’investir dans des secteurs industriels américains clés, notamment la construction navale. « Les récentes actions de représailles de la Chine contre des entreprises privées à travers le monde s’inscrivent dans une logique plus large de coercition économique visant à influencer la politique américaine et à contrôler les chaînes d’approvisionnement en décourageant les investissements étrangers dans la construction navale américaine et d’autres industries critiques », a-t-il affirmé.
M. Greer a souligné que ces tentatives d’intimidation ne dissuaderont pas les États-Unis de relancer leur base industrielle. « Nous restons déterminés à défendre nos entreprises, à sécuriser les chaînes d’approvisionnement et à encourager les investissements alliés dans l’avenir industriel de l’Amérique », a-t-il déclaré.
Cette prise de position intervient après l’annonce d’un partenariat de 8,5 milliards de dollars (environ 7,8 milliards d’euros) entre les États-Unis et l’Australie. L’objectif est d’accroître la production de terres rares et de minéraux critiques, réduisant ainsi la dépendance vis-à-vis de la Chine. Washington et Canberra investiront conjointement dans des projets miniers et de transformation, tout en simplifiant les procédures d’autorisation et en fixant des prix planchers pour stabiliser l’offre. L’accord prévoit également des restrictions à la vente d’actifs miniers stratégiques à des acteurs potentiellement hostiles et encourage le recyclage et la cartographie des réserves géologiques.
Le président Donald Trump a qualifié les droits de douane chinois d’« insoutenables mais nécessaires », et a annoncé qu’il rencontrerait prochainement son homologue chinois Xi Jinping en Corée du Sud. Il a également mis en garde contre l’imposition de « droits de douane massifs » si Pékin persistait dans ses restrictions à l’exportation de terres rares, des matériaux essentiels pour la fabrication de véhicules électriques, d’électronique grand public et de systèmes de guidage de missiles.
Les restrictions chinoises ont été vivement critiquées par les responsables américains, qui les considèrent comme une tentative de militariser les chaînes d’approvisionnement mondiales et de faire pression sur les entreprises. Par ailleurs, l’attention portée aux minéraux essentiels a déjà incité des entreprises américaines à réévaluer leurs stratégies d’approvisionnement. Cleveland-Cliffs, un important sidérurgiste basé dans l’Ohio, a ainsi annoncé son intention d’extraire des éléments de terres rares de ses sites miniers du Michigan et du Minnesota.
« L’industrie manufacturière américaine ne devrait pas dépendre de la Chine ou d’un pays étranger pour les minéraux essentiels, et Cliffs a l’intention de faire partie de la solution », a déclaré Lourenco Goncalves, directeur général de l’entreprise, lors d’une conférence téléphonique sur les résultats.