Les tensions s’intensifient en mer des Caraïbes alors que les États-Unis ont intensifié leurs opérations contre les pétroliers vénézuéliens soupçonnés de contourner les sanctions américaines. Washington poursuit activement un troisième navire, faisant partie d’une flotte discrète, et a déjà procédé à la saisie d’un pétrolier au large des côtes vénézuéliennes, après une intervention spectaculaire en rappelant d’hélicoptères sur un autre navire.
Cette escalade intervient suite à l’annonce par le président Donald Trump d’un « blocus » de tous les pétroliers sanctionnés entrant ou quittant le Venezuela. Les autorités américaines accusent ces navires d’acheminer du pétrole vers des pays soumis à des sanctions, notamment la Russie et l’Iran. Selon Washington, les pétroliers en question naviguent sous pavillon frauduleux et sont soumis à des ordonnances de saisie.
Le gouvernement vénézuélien dénonce ces actions comme un « vol et un détournement ». L’intervention américaine suscite également des inquiétudes au sein du Congrès américain. Le sénateur républicain Rand Paul, de l’État du Kentucky, a exprimé sa crainte d’une dérive vers un conflit ouvert : « Je considère cela comme une provocation et un prélude à la guerre, et j’espère que nous n’entrerons pas en guerre avec le Venezuela. Ce n’est pas le travail du soldat américain d’être le gendarme du monde », a-t-il déclaré à la chaîne ABC.
Par ailleurs, les États-Unis ont déployé leur plus importante présence militaire dans les Caraïbes depuis des décennies, ayant déjà intercepté 28 bateaux soupçonnés de trafic de drogue dans la région et dans le Pacifique oriental, entraînant la mort d’au moins 100 personnes. Le président Trump n’a pas exclu de nouvelles actions militaires, y compris des opérations terrestres, la semaine dernière.
La situation est d’autant plus complexe que le régime de Nicolas Maduro est régulièrement accusé de corruption et d’oppression. Certains républicains plaident pour un changement de régime. Maria Corina Machado, figure de l’opposition vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix, a estimé que les États-Unis ne seraient peut-être pas nécessaires sur le terrain en cas de chute de Maduro, ajoutant : « D’autres pays ont également offert leur soutien afin de renforcer les institutions démocratiques une fois que le gouvernement élu sera en place », a-t-elle déclaré sur NBC.
Cependant, le sénateur démocrate Tim Kaine a mis en garde contre une approche militaire pour lutter contre le trafic de drogue. « Nous devrions utiliser les sanctions et d’autres outils à notre disposition pour punir ce dictateur qui viole les droits humains de ses civils et a ruiné l’économie vénézuélienne. Mais je vous le dis, nous ne devrions pas mener une guerre contre le Venezuela », a-t-il affirmé sur NBC.
La semaine dernière, Donald Trump a également exigé que le Venezuela restitue les actifs saisis il y a des années à des compagnies pétrolières américaines, justifiant ainsi son « blocus » contre les pétroliers. Il a évoqué les pertes subies par les investisseurs américains au Venezuela, suggérant que les mesures prises par son administration sont motivées, au moins en partie, par des différends liés aux investissements pétroliers, en plus des accusations de trafic de drogue. Certains pétroliers sanctionnés tentent déjà d’éviter le Venezuela.
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