Publié le 23 décembre 2025 21h34. Washington a annoncé des sanctions contre cinq Européens, les accusant d’entraver la liberté d’expression en ligne et de cibler des plateformes américaines. Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes avec l’Union européenne concernant la régulation des géants du numérique.
- Les sanctions consistent en une interdiction d’entrée sur le territoire américain pour les personnes visées.
- Le Département d’État américain justifie cette mesure en dénonçant une tentative de « censure » des opinions américaines.
- Parmi les personnes sanctionnées figurent des responsables européens et des représentants d’organisations luttant contre la désinformation en ligne.
Selon un communiqué du Département d’État, ces cinq individus ont mené des « efforts organisés pour contraindre les plateformes américaines à censurer, démonétiser et supprimer les opinions américaines avec lesquelles elles ne sont pas d’accord ». Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, les qualifie de « militants radicaux » dont la présence aux États-Unis pourrait nuire à la politique étrangère du pays. Il a également averti que la liste des personnes sanctionnées pourrait s’allonger si d’autres responsables étrangers ne modifiaient pas leur approche.
Pour l’heure, le ministère américain n’a pas divulgué l’identité de toutes les personnes concernées. L’agence de presse AFP a cependant identifié Thierry Breton, ancien commissaire européen au Marché intérieur (2019-2024), ainsi que quatre représentants d’organisations non gouvernementales engagées dans la lutte contre la désinformation et les discours de haine sur Internet. Il s’agit de Josephine Ballon et Anna-Lena von Hodenberg de l’organisation HateAid, et d’Imran Ahmed et Clare Melford, issus d’organisations similaires.
Cette décision américaine intervient après que l’administration européenne a infligé une amende de 120 millions d’euros (2,9 milliards de couronnes tchèques) à la plateforme X pour manque de transparence. En réponse, l’administration américaine avait menacé l’Union européenne de représailles si elle continuait à restreindre les fournisseurs de services américains. L’administration américaine a également critiqué, cette année, la menace de révocation de licences de certaines chaînes de télévision américaines en raison de leur contenu.
Washington accuse régulièrement l’Europe de pratiquer une censure déguisée, notamment à travers la législation sur les contenus numériques. Ces tensions illustrent un désaccord profond sur la manière de réguler les géants du numérique et de protéger la liberté d’expression en ligne. Déclaration du Département d’État