La frontière entre la gestion passive et active s’estompe sur les marchés financiers. L’arrivée d’ETF (Exchange Traded Funds) à gestion active, et même de fonds communs de placement proposant des parts sous forme d’ETF, remet en question une distinction longtemps établie et pousse les acteurs du secteur à se réinventer.
Traditionnellement, le monde des fonds d’investissement était clairement divisé : d’un côté, les ETF, privilégiant une approche passive et répliquant la performance d’un indice, et de l’autre, les fonds communs de placement, misant sur une gestion active pour tenter de surperformer le marché. Il existait cependant, depuis longtemps, des fonds indiciels au sein même des fonds communs de placement, suivant passivement un indice de référence.
L’essor fulgurant des ETF, avec des actifs sous gestion atteignant des niveaux records, a contribué à associer ce type de véhicule d’investissement à la gestion passive. Malgré les tentatives infructueuses de dénigrer les ETF, il est important de rappeler qu’ils ne sont qu’un simple support de distribution, soumis aux réglementations locales, comme la directive européenne OPCVM (Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières).
L’introduction des premiers ETF à gestion active, puis des classes d’actions ETF proposées par des fonds communs de placement à gestion active, a bouleversé la donne. Les ETF ne peuvent plus être automatiquement considérés comme des produits passifs. Rapidement, ces nouveaux ETF actifs ont attiré des volumes importants d’investissement, obligeant les détracteurs à revoir leurs arguments.
Initialement, certains ont souligné que ces ETF à gestion active n’étaient pas aussi dynamiques que leur nom le suggérait, en raison de contraintes réglementaires limitant les écarts par rapport à l’indice de référence. Cet argument a perdu de sa pertinence avec le lancement d’ETF véritablement gérés activement, avec ou sans indice de référence comme point de comparaison.
Par ailleurs, de nombreux gestionnaires de fonds communs de placement à gestion active ont annoncé leur intention de lancer des ETF actifs. Certains les accusent de simplement surfer sur la vague actuelle, mais cette critique est-elle justifiée ?
Il est naturel que tout gestionnaire de fonds cherche à attirer des capitaux et à profiter des tendances du marché. C’est le fonctionnement même de l’industrie. Néanmoins, le développement d’ETF actifs ou de classes d’actions ETF au sein de fonds communs de placement à gestion active représente, selon toute vraisemblance, une évolution logique du secteur.
Chaque année, des centaines de nouveaux fonds d’investissement sont approuvés pour être commercialisés en Europe et sur d’autres marchés. Lors de leur lancement, il est courant que les gestionnaires s’adaptent à la demande des clients et proposent de nouveaux produits via les canaux de distribution les plus prometteurs. On peut donc considérer que les fonds communs de placement à gestion active, en proposant leurs produits sous forme d’ETF ou de classes d’actions ETF, modernisent leurs offres et cherchent à toucher un public plus large. Reste à déterminer si les stratégies d’investissement de ces nouveaux produits seront couronnées de succès, mais une chose est certaine : il ne s’agit pas uniquement d’une question de forme juridique !
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