Publié le 14 octobre 2025 à 06h00. Le département de la Gironde se trouve au bord du précipice financier, ayant adopté un budget déficitaire sans précédent, ce qui pourrait entraîner une intervention de l’État.
- Le conseil départemental de la Gironde a voté un budget de fonctionnement déficitaire de 97,7 millions d’euros pour 2025.
- Le préfet de la Gironde a saisi la chambre régionale des comptes (CRC) en conséquence.
- Le département prépare un plan de redressement pour tenter d’éviter la mise sous tutelle.
La situation financière de la Gironde est devenue critique, illustrant les difficultés croissantes rencontrées par les collectivités locales. Jean-Luc Gleyze, président du conseil départemental, évoque un « tueur en série » des finances publiques, faisant écho à la situation récente de la Charente, le premier département mis sous tutelle depuis plus de vingt-cinq ans. Cette crise est due à une combinaison de ressources en baisse et de dépenses en hausse, un « effet ciseau » qui pèse sur l’ensemble des collectivités.
Le vote de ce budget déficitaire de 97,7 millions d’euros, survenu lundi 13 octobre, est une première historique pour le département de la Gironde, qui est légalement tenu d’équilibrer son budget. Selon Jean-Luc Gleyze, « Tout le monde dit que la structure des recettes des Départements n’est plus en cohérence avec la réalité de nos missions et que nous ne pouvons pas continuer ainsi. La dégringolade est en marche et va se poursuivre, hélas, sauf à considérer que des mesures nouvelles soient prises dans le budget 2026 ou qu’on assiste à une embellie de l’immobilier. »
« Tout le monde dit que la structure des recettes des Départements n’est plus en cohérence avec la réalité de nos missions et que nous ne pouvons pas continuer ainsi. La dégringolade est en marche et va se poursuivre, hélas, sauf à considérer que des mesures nouvelles soient prises dans le budget 2026 ou qu’on assiste à une embellie de l’immobilier. »
Jean-Luc Gleyze, président du conseil départemental
Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle marque une accélération de la dégradation financière. En mars dernier, le département avait présenté un budget primitif censé être à l’équilibre, mais le compte administratif a révélé un déficit de 29 millions d’euros pour l’année 2024. Ce déficit devrait donc être multiplié par plus de trois en 2025.
En application du code général des collectivités territoriales, le préfet de la Gironde a immédiatement saisi la chambre régionale des comptes (CRC). Celle-ci devra examiner le déficit dans les 30 jours, proposer des mesures de redressement budgétaire et demander au conseil départemental de réexaminer sa délibération.
La préfecture a indiqué dans un communiqué que le département « s’est engagé vers un plan de retour à l’équilibre sur les trois prochaines années dans le cadre d’un échange avec la CRC et les services de l’État ». Ce dialogue pourrait aboutir à un conventionnement si les mesures proposées sont jugées suffisantes.
« Ce dialogue pourra se poursuivre par le biais d’un conventionnement, dès lors qu’il sera considéré que les mesures de retour à l’équilibre seront jugées suffisantes. »
Préfecture de la Gironde
Jean-Luc Gleyze a souligné les initiatives prises par le département, notamment la saisine de la CRC dès août 2024, la création d’une inspection générale des services en décembre 2024, et une rencontre avec Amélie de Montchalin, ministre des comptes publics, à la fin de l’été.
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