
Les États-Unis ont mené de nouvelles frappes sur l’île iranienne de Larak, dans le détroit d’Ormuz, marquant une reprise des hostilités après un mois d’accalmie. Téhéran a riposté en ciblant des bases en Jordanie et aux Émirats arabes unis, tandis que le marché pétrolier réagit vivement à ces tensions maritimes.
Frappes américaines sur l’île de Larak et déclarations du Centcom
Les bombardements entre les forces américaines et l’Iran ont repris de plus belle au Moyen-Orient, brisant une période de calme relatif observée au cours des dernières semaines. Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, les forces américaines ont frappé dimanche 30 août deux lanceurs iraniens sur l’île de Larak, située dans le stratégique détroit d’Ormuz. Ces opérations font suite à des observations de forces des Gardiens de la Révolution islamique qui ont été observées en train de se préparer à lancer des roquettes chargées de mines marines dans le détroit d’Ormuz.
L’attaque a fait deux morts et deux blessés, selon l’agence iranienne de presse Tasnim. Le porte-parole du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, Tim Hawkins, a déclaré dans un communiqué transmis à l’AFP : « Les forces américaines ont frappé deux lanceurs iraniens sur l’île de Larak ».
Sur son réseau Truth Social, le président américain Donald Trump a déclaré que l’île de Kharg, carrefour énergétique de l’Iran, était en train d’être « réduite en miettes ». L’armée américaine a mené une « lourde série » de frappes sur l’Iran, qu’il a accusé d’avoir attaqué ses forces au Moyen-Orient. Le Centcom a écrit dans un communiqué sur X avoir « frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones, des sites de surveillance et de défense côtières, ainsi que des capacités maritimes ». Ces frappes visaient à réduire davantage les menaces que l’Iran et ses mandataires font peser sur les forces américaines, le transport maritime commercial et les pays voisins du Golfe.
L’île de Larak et les enjeux du détroit d’Ormuz
Blocus du détroit d’Ormuz et réactions de Téhéran
Située au cœur du détroit d’Ormuz, l’île de Larak est devenue l’épicentre de ce regain de violence. Washington affirme avoir agi pour neutraliser une menace imminente pesant sur la navigation internationale et les pays voisins du Golfe. De son côté, l’Iran a affirmé lundi avoir riposté en « légitime défense » aux nouvelles attaques américaines, les premières en un mois, dénonçant une « agression ». Téhéran « condamne fermement l’agression militaire américaine contre la République islamique.

La situation dans le passage maritime reste critique. Le détroit, où transitait avant le conflit un cinquième du brut mondial, subit les contrecoups d’un blocus des ports iraniens et d’incidents répétés impliquant des pétroliers. Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l’Iran, ont annoncé ce mercredi 29 juillet avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit d’Ormuz. L’Iran, qui a de nouveau verrouillé le détroit d’Ormuz le week-end dernier, a promis que cette voie maritime resterait fermée jusqu’à la fin des « agressions » américaines.
Ripostes iraniennes et extension des fronts régionaux
Ripostes iraniennes sur les bases en Jordanie et aux Émirats arabes unis
En réponse aux frappes sur son territoire, l’Iran a multiplié les représailles en direction des installations associées à Washington dans la région. Après avoir averti des « représailles », les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé avoir attaqué des installations de l’armée américaine sur deux bases aériennes en Jordanie. L’armée iranienne a affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis où sont stationnées des troupes américaines, en représailles aux frappes sur la République islamique. Selon un communiqué de l’armée diffusé par la télévision d’État, les Gardiens de la Révolution « ont ciblé des zones où des hélicoptères et troupes américains sont stationnés à la base Al Minhad aux Emirats arabes unis, avec des dizaines de drones d’attaque ».

Intervention conjointe des États-Unis et de l’Arabie saoudite en Irak
Plus tôt, l’armée américaine indiquait avoir mené avec l’Arabie saoudite des frappes en Irak contre des alliés de Téhéran. L’armée américaine a annoncé avoir intercepté des missiles iraniens, puis lancé une attaque conjointe avec l’Arabie saoudite contre des milices pro-iraniennes en Irak. Ce regain de violences est intervenu alors qu’à Washington, le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se sont rencontrés pour la première fois depuis le début de la guerre, qu’ils ont lancée ensemble le 28 février.

Les répercussions économiques n’ont pas tardé à se faire sentir sur les marchés internationaux. Vers 10h45 GMT (12h45 à Bruxelles), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, gagnait 5,08% à 88,36 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, montait de 4,58% à 82,89 dollars. Il s’agit d’une nette hausse après le reflux des derniers jours, marqués par une suspension des affrontements entre l’Iran et les États-Unis. La prudence s’est à nouveau installée sur les marchés du pétrole, les yeux rivés sur la paralysie d’Ormuz, provoquant un nouveau bond des prix du pétrole.