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Les Gazaouis retournent dans leurs maisons rasées

by Clara Dubois

Publié le 16 octobre 2025 à 17h06. Après une trêve fragile, les habitants de la ville de Gaza retournent chez eux pour découvrir un paysage de désolation, confrontés à un manque criant de ressources et à la menace de maladies infectieuses.

  • Le retour des habitants de Gaza révèle l’ampleur des destructions, avec des quartiers entiers réduits en ruines.
  • L’Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte sur une propagation incontrôlable des maladies infectieuses en raison de la dégradation du système de santé.
  • Les besoins humanitaires sont immenses : eau, nourriture, médicaments et abris manquent cruellement.

Le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas a permis à des milliers de Palestiniens déplacés de revenir dans la ville de Gaza, mais l’espoir d’un retour à la normale s’est rapidement heurté à une réalité brutale. Les rues, autrefois animées, sont désormais jonchées de décombres, vestiges d’immeubles d’habitation détruits par les combats. Nombreux sont ceux qui n’ont plus de maison et doivent improviser des abris de fortune.

Hossam Majed, 31 ans, a retrouvé sa maison en ruines. Il a passé la journée à récupérer quelques biens parmi les débris, dont un précieux réservoir d’eau, une denrée rare dans la région. Il s’affaire à balayer la poussière et les décombres, espérant installer un abri sommaire et protéger ce qui lui reste des pillages potentiels.

« Même la nourriture est plus chère qu’au sud, car elle est rare. Il n’y a pas d’électricité, pas d’eau, pas d’internet. Je dois marcher un kilomètre et demi… juste pour remplir deux réservoirs d’eau. »

Hossam Majed

Umm Rami Lubbad avait fui vers Khan Younis, dans le sud de Gaza, lorsque l’offensive israélienne s’est intensifiée. Elle était revenue avec l’espoir de retrouver un semblant de stabilité, mais a été confrontée à un spectacle désolant.

« Mon cœur s’est presque arrêté quand j’ai vu la maison réduite en ruines. Je regardais aussi loin que mes yeux pouvaient voir – et je n’ai rien vu. »

Umm Rami Lubbad

Avec son enfant et ses deux filles adolescentes, elle est désormais sans abri, contrainte de dormir dans la rue ou d’être hébergée par des voisins lorsque les bombardements reprennent. Elle tente de rassembler du bois, des vêtements et un bidon d’essence, dans l’espoir de pouvoir cuisiner ou construire des toilettes rudimentaires.

Ahmad al-Abbasi a constaté la disparition complète de son immeuble de cinq étages. Il a tenté d’installer une tente près d’un drapeau palestinien, utilisant des parpaings et des tiges de fer pour soutenir une bâche qui claque au vent.

« Nous sommes revenus au nord dans l’espoir de retrouver nos maisons et de reconstruire nos vies. Comme vous pouvez le constater… Gaza est devenue une ville fantôme. »

Ahmad al-Abbasi

Mustafa Mahram a trouvé sa maison de trois étages complètement détruite. Il a installé une tente près des ruines, se sentant abandonné à son sort.

« Tout est parti, réduit en cendres… Il n’y a aucun moyen de vivre ici. »

Mustafa Mahram

La situation sanitaire à Gaza est alarmante. L’Organisation mondiale de la santé a averti que les maladies infectieuses « échappent à tout contrôle », avec seulement 13 hôpitaux sur 36 fonctionnant partiellement.

« Qu’il s’agisse de méningite, de diarrhée, de maladies respiratoires, nous parlons d’une quantité de travail colossale. »

Hanan Balkhy, directrice régionale de l’OMS

Malgré l’accord de cessez-le-feu, les défis restent immenses. L’OMS appelle à une augmentation massive de l’aide humanitaire, notamment en carburant, nourriture, matériel médical et médicaments. Selon l’organisation, huit établissements de santé, tous partiellement fonctionnels, sont encore opérationnels dans la ville de Gaza. Le personnel médical est lui-même confronté à la famine et aux bombardements, et près de 68 000 Palestiniens ont été tués depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du territoire dirigé par le Hamas – des chiffres considérés comme fiables par l’ONU.

L’OMS estime que la reconstruction du système de santé de Gaza nécessitera des milliards de dollars et des décennies de travail. Depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, plus de 800 attaques ont visé les établissements de santé de Gaza, selon les données de l’ONU. Près de 42 000 personnes, dont un quart d’enfants, souffrent de blessures invalidantes. L’organisation appelle à rétablir l’accès des patients à la Cisjordanie et à Jérusalem pour bénéficier de soins appropriés.

Les besoins en santé mentale ont également plus que doublé, avec plus d’un million de personnes nécessitant un soutien urgent.

« Nous espérons vraiment que la paix soit pleinement durable, afin que nous puissions commencer… »

Hanan Balkhy, directrice régionale de l’OMS

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