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Les glaciers suisses vont fondre bien plus vite que prévu cet été

by Nicolas Lefèvre
Le 29 juin, date critique du basculement glaciaire

Les glaciers suisses devraient épuiser leurs réserves hivernales le 29 juin 2026, selon les calculs de l’EPFZ. Ce “jour du recul”, le deuxième plus précoce jamais enregistré après 2022, marque le début d’une phase de fonte nette et massive, aggravée par un hiver pauvre en neige et des vagues de chaleur précoces.

Le 29 juin, date critique du basculement glaciaire

Le 29 juin, date critique du basculement glaciaire
Photo: Le Matin
Le point de bascule est imminent. Selon les prévisions de l’équipe glaciologique de l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), les glaciers suisses basculeront dans une phase de fonte nette ce dimanche 29 juin. À partir de cette date, le volume de neige accumulé durant l’hiver sera totalement épuisé, laissant la glace ancienne sans protection face au rayonnement solaire. L’urgence de la situation est illustrée par un volume d’eau de fonte colossal. Selon rts.ch, le débit actuel est tel qu’il permettrait de remplir une piscine olympique toutes les six secondes. Ce calendrier est exceptionnel. Seule l’année 2022 a enregistré un recul plus précoce, avec un record établi le 26 juin. Cette année-là, les glaciers avaient perdu 6 % de leur masse en un an, un taux sans précédent depuis le début des recensements. La corrélation est directe : plus le jour du recul arrive tôt, plus la glace est exposée longtemps aux températures estivales.

Un cocktail de facteurs : poussières du Sahara et déficit de neige

La situation actuelle ne résulte pas d’un seul événement météorologique, mais d’une “combinaison de circonstances défavorables”. Le processus de dégradation a commencé bien avant l’été. En mars, des poussières venues du Sahara se sont déposées sur les sommets, tandis que le mois d’avril a enregistré des couches de neige insuffisantes. Le déficit hivernal est marqué. D’après les mesures du Réseau des relevés glaciologiques suisses (GLAMOS), citées par Frapp, les glaciers présentaient un déficit de neige de 25 % en avril et en mai par rapport à la moyenne de la période 2010-2020. Cette absence de manteau neigeux a été exacerbée par des vagues de chaleur précoces dès le mois de mai, avec des températures atteignant 30 degrés en plaine. Ce phénomène accélère la disparition de la neige, exposant ainsi plus rapidement la glace sombre, laquelle absorbe davantage les rayonnements solaires et accélère la fonte.

L’exemple du glacier du Rhône et l’impact de la chaleur

L’observation sur le terrain confirme l’ampleur du phénomène. Sur la langue glaciaire du glacier du Rhône, des pertes verticales massives ont été constatées en un temps record.

“Je reviens du glacier du Rhône, et lors de ma dernière visite, il y a exactement dix jours, sur la langue glaciaire, nous avons constaté une fonte d’environ un mètre en hauteur verticale, donc un mètre de perte de glace en seulement dix jours.

Un cocktail de facteurs : poussières du Sahara et déficit de neige
Photo: rts.ch
Climat : en perdant 6% en 2022, jamais les glaciers suisses n'avaient fondu aussi vite
Matthias Huss, glaciologue au GLAMOS, via Orange Actualités Le glaciologue précise que si une seule vague de chaleur peut être dommageable, le véritable danger réside dans la durée. La combinaison de l’intensité et de la persistance des hautes températures — qu’il fasse 35 ou 40 degrés — est ce qui s’avère le plus destructeur pour la masse glaciaire. Actuellement, la fonte a environ trois mois d’avance par rapport à une situation saine.

Un effondrement structurel : 40 % de volume perdus depuis 2000

Au-delà de l’épisode estival de 2026, les données révèlent un déclin systémique. Depuis l’an 2000, les glaciers suisses ont perdu environ 40 % de leur volume. L’érosion est quantifiable :
Période Volume de glace
Il y a 26 ans (2000) 74,9 km³
L’été dernier 45,1 km³
L’impact est également visible dans le nombre de glaciers. Au cours des 50 dernières années, 1 200 glaciers ont disparu en Suisse. Il n’en reste aujourd’hui qu’environ 1 300. Bien que les disparitions concernent majoritairement de petits glaciers, leur perte est critique pour certaines régions périphériques des Alpes. Selon Le Matin, les spécialistes prévoient une perte de glace massive et irréversible pour le reste de la saison, car les glaciers se retrouvent “totalement nus” avant même le cœur de l’été. L’horizon à long terme est sombre. Si le réchauffement se poursuit selon la tendance des dernières décennies, les experts prédisent qu’il ne restera que de petits vestiges de glace d’ici 2100. La situation actuelle, qualifiée d’inquiétante, confirme que les glaciers suisses perdent durablement leur masse, incapable de compenser la fonte par des hivers neigeux.

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Un effondrement structurel : 40 % de volume perdus depuis 2000
Photo: Orange Actualités

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