Les glaciers suisses devraient épuiser leurs réserves hivernales le 29 juin 2026, selon les calculs de l’EPFZ. Ce “jour du recul”, le deuxième plus précoce jamais enregistré après 2022, marque le début d’une phase de fonte nette et massive, aggravée par un hiver pauvre en neige et des vagues de chaleur précoces.
Le 29 juin, date critique du basculement glaciaire

Un cocktail de facteurs : poussières du Sahara et déficit de neige
La situation actuelle ne résulte pas d’un seul événement météorologique, mais d’une “combinaison de circonstances défavorables”. Le processus de dégradation a commencé bien avant l’été. En mars, des poussières venues du Sahara se sont déposées sur les sommets, tandis que le mois d’avril a enregistré des couches de neige insuffisantes. Le déficit hivernal est marqué. D’après les mesures du Réseau des relevés glaciologiques suisses (GLAMOS), citées par Frapp, les glaciers présentaient un déficit de neige de 25 % en avril et en mai par rapport à la moyenne de la période 2010-2020. Cette absence de manteau neigeux a été exacerbée par des vagues de chaleur précoces dès le mois de mai, avec des températures atteignant 30 degrés en plaine. Ce phénomène accélère la disparition de la neige, exposant ainsi plus rapidement la glace sombre, laquelle absorbe davantage les rayonnements solaires et accélère la fonte.L’exemple du glacier du Rhône et l’impact de la chaleur
L’observation sur le terrain confirme l’ampleur du phénomène. Sur la langue glaciaire du glacier du Rhône, des pertes verticales massives ont été constatées en un temps record.“Je reviens du glacier du Rhône, et lors de ma dernière visite, il y a exactement dix jours, sur la langue glaciaire, nous avons constaté une fonte d’environ un mètre en hauteur verticale, donc un mètre de perte de glace en seulement dix jours.
Un effondrement structurel : 40 % de volume perdus depuis 2000
Au-delà de l’épisode estival de 2026, les données révèlent un déclin systémique. Depuis l’an 2000, les glaciers suisses ont perdu environ 40 % de leur volume. L’érosion est quantifiable :| Période | Volume de glace |
|---|---|
| Il y a 26 ans (2000) | 74,9 km³ |
| L’été dernier | 45,1 km³ |
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