Les demandes d’allocations chômage ont connu une hausse inattendue la semaine dernière, signalant une possible inflexion sur le marché du travail américain. Cette augmentation coïncide toutefois avec une baisse du nombre de personnes continuant à percevoir ces allocations, créant une image contrastée de la situation économique.
Selon les données publiées par le département du Travail pour la semaine se terminant le 6 décembre, les demandes initiales d’allocations chômage, corrigées des variations saisonnières, ont augmenté de 44 000 pour atteindre 236 000. La moyenne mobile sur quatre semaines s’établit désormais à 216 750, restant néanmoins inférieure aux niveaux observés plus tôt dans l’année.
Parallèlement, le nombre de personnes percevant toujours des allocations chômage a diminué de 99 000, s’établissant à 1 838 000 pour la semaine se terminant le 29 novembre. Le taux de chômage couvert par les allocations est ainsi passé de 1,3 % à 1,2 %.
Un examen des données brutes révèle une volatilité accrue. Les demandes initiales non ajustées ont bondi de 58 % pour atteindre 313 140, une augmentation de 114 967 par rapport à la semaine précédente. Cette forte hausse dépasse les prévisions saisonnières, qui anticipaient une augmentation de 28,7 %, et pourrait être liée aux licenciements temporaires et aux vacances de fin d’année.
Les États les plus touchés par les demandes d’allocations chômage au cours de la semaine se terminant le 22 novembre sont le New Jersey et Washington (2,2 %), suivis par le Massachusetts (1,9 %). L’Alaska, le Connecticut, le Nevada, Porto Rico, le Rhode Island, la Californie et l’Oregon affichent également des taux élevés.
Le nombre total de semaines d’allocations chômage demandées dans tous les programmes s’élève à 1 731 322 pour la semaine se terminant le 22 novembre, en baisse de 92 675 par rapport à la semaine précédente. Ce chiffre reste légèrement supérieur aux 1 688 243 demandes enregistrées à la même période en 2023.
Aucun État n’a eu recours à des prestations d’allocations chômage prolongées. Les demandeurs s’appuient donc sur les programmes réguliers de l’État, les prestations fédérales pour les civils, les allocations pour les anciens combattants, les programmes d’État supplémentaires et les accords de partage du travail. 643 anciens employés fédéraux et 223 anciens combattants nouvellement libérés ont déposé une demande initiale au cours de la semaine se terminant le 29 novembre.
Le département du Travail souligne que les demandes hebdomadales d’allocations chômage constituent un indicateur avancé de la conjoncture du marché du travail, mais qu’elles sont également sujettes à d’importantes fluctuations saisonnières. « Les inscriptions hebdomadaires au chômage peuvent augmenter même lorsque le taux de chômage assuré laisse présager un marché du travail globalement stable », explique le département.
Les experts estiment que ces chiffres seront scrutés de près dans les semaines à venir par les décideurs politiques, les employeurs et les travailleurs, afin de détecter d’éventuels signes d’un ralentissement plus généralisé du marché du travail.