Publié le 22 octobre 2024 14h00. Malgré une amélioration apparente des statistiques nationales, les communes du Brabant néerlandais tirent la sonnette d’alarme : la pauvreté se creuse et prend des formes plus insidieuses, nécessitant une intervention urgente des autorités centrales.
- Les municipalités brabançonnes constatent une augmentation de la profondeur et de la gravité de la pauvreté, malgré une légère baisse des chiffres officiels.
- Un phénomène de « pauvreté cachée » touche des populations qui ne sont pas prises en compte par les statistiques traditionnelles.
- Les communes appellent le gouvernement national à s’attaquer aux causes structurelles de la pauvreté et à garantir un niveau de vie minimum décent.
Alors que la sécurité sociale et la lutte contre la pauvreté figuraient parmi les préoccupations majeures des électeurs lors des dernières élections législatives de 2023, les communes du Brabant pointent du doigt un décalage entre les chiffres officiels et la réalité vécue sur le terrain. Une récente enquête menée par Omroep Brabant auprès de plusieurs municipalités – Helmond, Woensdrecht, Bergen op Zoom, Eindhoven et Den Bosch – révèle une situation préoccupante.
Fin 2023, l’évolution de la méthode de calcul de la pauvreté par le CBS (Centraal Bureau voor de Statistiek), le Nibud (Institut néerlandais pour le budget familial) et le Bureau de planification sociale et culturelle a conduit à une révision à la baisse du nombre de personnes considérées comme pauvres aux Pays-Bas (540 000 contre 820 000 selon les anciens critères). Cependant, les communes brabançonnes soulignent que cette diminution statistique ne reflète pas une amélioration réelle de la situation.
« Les chiffres peuvent diminuer, mais cela ne dit rien de la gravité de la situation de quelqu’un. »
Porte-parole de la municipalité d’Eindhoven
Les municipalités mettent en évidence l’existence d’une « pauvreté cachée », touchant des personnes qui vivent juste au-dessus du seuil de pauvreté, mais dont les difficultés financières sont tout aussi réelles. Il s’agit notamment de travailleurs à bas salaire, de retraités aux petites pensions ou d’indépendants confrontés à des charges fixes élevées. Ces situations, souvent invisibles, peuvent s’aggraver rapidement.
La complexification de la pauvreté est également liée à l’essor de pratiques financières risquées, telles que le « acheter maintenant, payer plus tard », et à l’augmentation des jeux d’argent en ligne. Les communes observent également des difficultés liées à la complexité des aides sociales et à leur remboursement.
« Bien que l’inflation et les coûts élevés de l’énergie soient moins présents dans l’actualité, de nombreux ménages sont encore confrontés à des difficultés financières à ce sujet. »
Commune de Helmond
Les conséquences de cette pression financière se font sentir sur tous les aspects de la vie des habitants : travail, santé, éducation des enfants et bien-être général. Les communes se sentent contraintes de jouer les pompiers, en apportant une aide d’urgence aux personnes en difficulté, mais elles estiment que cette approche est insuffisante.
« Les municipalités collent depuis longtemps des pansements sur la politique de pauvreté et d’endettement. Si aucun travail n’est fait pour s’attaquer aux causes fondamentales, nous devrons continuer à nettoyer le sol. »
Commune de Helmond
Les communes brabançonnes appellent le gouvernement national à prendre des mesures structurelles pour lutter contre la pauvreté, notamment en garantissant un minimum social adéquat. Elles estiment que la responsabilité de s’attaquer aux causes profondes de la pauvreté incombe aux autorités centrales.
« Le gouvernement doit garantir un minimum social adéquat. Trop peu de mesures ont été prises à cet égard, ce qui signifie que nous nous préoccupons principalement de coller des pansements et de lutter contre les symptômes, sans pouvoir nous attaquer à la cause de l’insécurité. »
Commune de Den Bosch
Sur le même sujet
