L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) exprime de vives inquiétudes quant à la localisation de 440 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 % en Iran, un stock crucial qui s’approche du seuil nécessaire à la fabrication d’armes nucléaires. Cette perte de visibilité intervient après des frappes militaires israéliennes, soutenues par les États-Unis, en juin dernier.
Rafael Grossi, directeur de l’AIEA, a souligné que ses agents n’ont plus de trace de ce matériau fissile depuis les événements de juin. Lors d’une interview accordée à France 24 le 6 novembre, il a précisé que, bien que les infrastructures aient été « endommagées », « le matériau est là ». L’emplacement exact de l’uranium reste cependant un mystère.
Un rapport confidentiel de l’AIEA, consulté par l’Agence France-Presse le 12 novembre, insiste sur l’urgence de vérifier les inventaires iraniens. L’agence estime qu’il est « crucial » de pouvoir effectuer ces vérifications « dès que possible afin de dissiper ses préoccupations ». La quantité de matière fissile non vérifiée constitue une « source de préoccupation sérieuse » et pose un problème de conformité avec l’accord de garanties du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), auquel l’Iran adhère depuis 1970.
La situation découle des frappes israéliennes, appuyées par les États-Unis, qui ont eu lieu du 13 au 24 juin, une période qualifiée de « guerre de douze jours ». Suite à une intervention militaire américaine le 22 juin, le président Donald Trump avait affirmé avoir « oblitéré » le programme nucléaire iranien.
Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, a visité une exposition consacrée aux réalisations nucléaires du pays à Téhéran, une image diffusée par l’Organisation iranienne de l’énergie atomique le lundi 10 novembre 2025.