Publié le 11 octobre 2025 à 20h21. Des centaines de milliers de Palestiniens ont fait retour dans une ville de Gaza dévastée, alors que le Hamas met en garde contre les difficultés de la prochaine phase du plan de paix proposé par l’administration Trump. L’échange de prisonniers et d’otages est imminent, mais l’avenir politique de Gaza reste incertain.
- Plus de 500 000 Palestiniens ont regagné la ville de Gaza samedi, constatant l’ampleur des destructions.
- Israël et le Hamas s’apprêtent à procéder à un échange de prisonniers et d’otages, deux ans après l’attaque du 7 octobre 2023 qui a déclenché le conflit.
- Le Hamas refuse de participer à la cérémonie officielle de signature de l’accord de paix en Égypte et s’oppose à toute demande de désarmement.
Après plus de deux ans de conflit meurtrier, un cessez-le-feu est en place et permet le retour progressif des populations déplacées. Selon l’agence de défense civile de Gaza, plus de 500 000 Palestiniens sont rentrés dans la ville de Gaza d’ici samedi soir. Les images diffusées par l’AFP montrent des quartiers entiers réduits à des ruines, avec des habitants fouillant les décombres à la recherche de leurs biens.
Raja Salmi, 52 ans, témoigne de son retour poignant :
« Nous avons marché pendant des heures et chaque pas était rempli de peur et d’anxiété pour ma maison. »
Raja Salmi
Elle a découvert sa maison entièrement détruite, un constat qui l’a profondément bouleversée :
« Je me suis tenue devant et j’ai pleuré. Tous ces souvenirs ne sont plus que poussière. »
Raja Salmi
Parallèlement, des négociations se poursuivent en vue d’un échange de prisonniers et d’otages. Le Hamas doit libérer 47 otages israéliens – vivants ou décédés – sur les 251 enlevés le 7 octobre 2023. En contrepartie, Israël libérera 250 prisonniers de sécurité, dont certains condamnés à perpétuité pour des attaques anti-israéliennes, ainsi que 1 700 Gazaouis détenus depuis le début de la guerre. Le service pénitentiaire israélien a transféré les détenus vers les prisons d’Ofer, en Cisjordanie occupée, et de Ketziot, dans le désert du Néguev.
L’envoyé spécial de l’administration Trump, Steve Witkoff, s’est adressé aux familles des otages israéliens, leur assurant qu’ils allaient bientôt retrouver leurs proches. Il a prononcé ces mots lors d’une veillée à Tel Aviv :
« Votre courage a ému le monde. Aux otages eux-mêmes : vous rentrez chez vous. »
Steve Witkoff
Einav Zangauker, dont le fils Matan figure parmi les 20 otages encore en vie, a déclaré :
« Nous continuerons à crier et à nous battre jusqu’à ce que tout le monde soit à la maison. »
Einav Zangauker
Cependant, l’avenir politique de Gaza reste incertain. Hossam Badran, membre du bureau politique du Hamas, a mis en garde contre les complexités de la deuxième phase du plan de paix proposé par Donald Trump :
« La deuxième phase du plan Trump, comme le montrent clairement les points eux-mêmes, contient de nombreuses complexités et difficultés. »
Hossam Badran
Le Hamas a d’ores et déjà annoncé qu’il ne participerait pas à la signature officielle de l’accord de paix en Égypte. Le groupe résiste également fermement aux appels au désarmement, un responsable affirmant que cette exigence est « hors de question ».
Selon le plan Trump, une force multinationale composée de représentants de l’Égypte, du Qatar, de la Turquie et des Émirats arabes unis, coordonnée par un centre de commandement américain basé en Israël, remplacera progressivement les forces israéliennes à Gaza. L’amiral Brad Cooper, chef du Commandement central américain (CENTCOM), Jared Kushner, le gendre de Trump, et l’envoyé spécial Steve Witkoff se sont rendus à Gaza samedi pour planifier la prochaine phase de la trêve avec le chef de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir.
Le conflit, qui a débuté le 7 octobre 2023 avec l’attaque du Hamas contre Israël, a fait 1 219 morts en Israël, principalement des civils, selon un bilan de l’AFP basé sur des chiffres officiels israéliens. Les frappes israéliennes sur Gaza ont quant à elles causé la mort d’au moins 67 682 personnes, selon le ministère de la Santé du territoire contrôlé par le Hamas, des chiffres jugés crédibles par les Nations Unies. Ces données ne distinguent pas entre civils et combattants, mais indiquent que plus de la moitié des victimes sont des femmes et des enfants.
L’agence humanitaire des Nations Unies a indiqué qu’Israël a autorisé le transport de 170 000 tonnes d’aide humanitaire vers Gaza, à condition que le cessez-le-feu soit respecté. Plus d’informations sur le retour des Palestiniens à Gaza.