Les Pays-Bas ont fait volte-face dans l’affaire Nexperia, un géant des semi-conducteurs, suspendant la confiscation de l’entreprise chinoise après une escalade des tensions commerciales avec Pékin. Cette décision intervient après que la Chine a interrompu ses exportations de puces vers l’Europe, menaçant de paralyser l’industrie automobile.
Le ministre néerlandais de l’Économie, Vincent Karremans, a annoncé la suspension, évoquant des discussions « constructives » avec les autorités chinoises. « À la lumière des développements récents, je pense que c’est le bon moment pour prendre une mesure constructive », a-t-il déclaré. Pékin a salué cette décision comme un « premier pas dans la bonne direction ».
La semaine dernière, les autorités néerlandaises avaient ordonné la confiscation de Nexperia, filiale du groupe chinois Wingtech, invoquant des préoccupations de sécurité nationale et une prétendue « mauvaise gestion ». L’entreprise, autrefois propriété du conglomérat néerlandais Philips, est un acteur clé dans la production de semi-conducteurs à bas prix utilisés dans l’électroménager et, surtout, dans l’industrie automobile.
Cette intervention des Pays-Bas, traditionnellement favorables au libre marché, s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre la Chine et les États-Unis concernant les droits de douane et la domination technologique. Washington avait déjà exercé des pressions sur La Haye pour adopter une position plus ferme envers Pékin et avait placé Wingtech sur une « liste noire » des entreprises présentant un risque géopolitique.
La décision initiale des Pays-Bas avait provoqué une réaction immédiate de Wingtech, qui avait suspendu ses réexportations de produits vers l’Europe. L’usine de Hambourg, en Allemagne, qui transforme des composants avant leur acheminement final à Dongguan, en Chine, a été particulièrement touchée. L’arrêt des exportations chinoises a rapidement entraîné des perturbations dans l’approvisionnement de Nexperia et de ses clients, notamment Bosch, Volkswagen et BMW.
L’industrie automobile, particulièrement dépendante des puces fournies par Nexperia, était confrontée à un risque de paralysie de la production. On estime qu’un véhicule traditionnel nécessite environ 500 puces, tandis qu’un modèle électrique en requiert au moins 1 000. Cette crise a mis en évidence la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement européennes et la dépendance vis-à-vis de la Chine, un sujet d’inquiétude exacerbé par les perturbations causées par la pandémie de Covid-19.
Maros Sefcovic, commissaire européen au Commerce, a salué la décision néerlandaise, la qualifiant d’« étape clé vers la stabilisation de nos chaînes d’approvisionnement stratégiques en puces ». Il a souligné la nécessité d’un « engagement constructif et continu » des partenaires pour garantir des flux mondiaux fiables. Cette déclaration est perçue par certains comme un signe de la pression exercée par Pékin sur Bruxelles.
La crise entre La Haye et Pékin avait ravivé les craintes d’une nouvelle crise des semi-conducteurs, similaire à celle de 2022. Bien que Nexperia ne produise pas de semi-conducteurs de pointe, elle est un fournisseur essentiel pour de nombreux constructeurs automobiles, fournissant des composants critiques tels que les airbags et les vitres.
Pour l’heure, la situation semble apaisée, mais l’avenir reste incertain et de nouvelles impasses ne sont pas à exclure.
À retenir
- Les Pays-Bas ont suspendu la confiscation de Nexperia, une entreprise de semi-conducteurs chinoise.
- La Chine avait interrompu ses exportations de puces vers l’Europe en réponse à la décision initiale des Pays-Bas.
- Cette crise met en évidence la dépendance de l’Europe vis-à-vis de la Chine pour les semi-conducteurs.
Contexte
Nexperia, autrefois filiale de Philips, est un acteur majeur dans la production de semi-conducteurs à bas prix. La décision des Pays-Bas de confisquer l’entreprise, motivée par des préoccupations de sécurité nationale, a déclenché une escalade des tensions commerciales avec la Chine. Les États-Unis exercent également une pression croissante sur les Pays-Bas pour qu’ils adoptent une position plus ferme envers Pékin.
Ce qui change
La suspension de la confiscation de Nexperia devrait permettre de rétablir les exportations de puces chinoises vers l’Europe, évitant ainsi une paralysie de l’industrie automobile. Cependant, la situation reste fragile et de nouvelles perturbations ne sont pas à exclure. Les constructeurs automobiles, tels que Volkswagen, Bosch et BMW, qui dépendent des puces de Nexperia, sont particulièrement concernés.
Prochaines étapes
Il sera crucial de surveiller l’évolution des discussions entre les Pays-Bas et la Chine, ainsi que les réactions des États-Unis. La stabilisation des chaînes d’approvisionnement en semi-conducteurs reste une priorité pour l’Europe, qui cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine.
Chiffres clés
- 500 : Nombre approximatif de puces nécessaires pour un véhicule traditionnel.
- 1 000 : Nombre approximatif de puces nécessaires pour un véhicule électrique.
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