Publié le 18 janvier 2024 20:09:00. Petra De Sutter, rectrice de l’Université de Gand, a récemment participé à un voyage inhabituel à bord du bus de l’entrepreneur Wim Lybaert, une expérience révélatrice autant sur elle-même que sur les dynamiques sociales et politiques contemporaines.
- Petra De Sutter a voyagé quelques jours en Sardaigne puis en France avec Wim Lybaert dans le cadre de l’émission Le Colomb.
- Malgré un parcours professionnel intense et une vie publique exposée, elle apparaît comme une personne calme et posée durant le voyage.
- L’émission révèle les campagnes de haine dont elle est victime en raison de son identité.
Avant de retrouver les responsabilités de la vie universitaire, Petra De Sutter a accepté l’invitation de Wim Lybaert pour un périple en bus à travers la Sardaigne et la France. Ce voyage, au cœur des paysages pittoresques, a offert un cadre original pour une série d’échanges et de réflexions.
L’itinéraire a débuté en Sardaigne, avant de prendre le large vers la France, pays de vacances préféré de la rectrice, bien qu’elle l’admette ne pas le connaître particulièrement bien. Un détour par la Corse était prévu, mais le retour de De Sutter s’est finalement effectué par voie aérienne.
Durant le voyage, De Sutter a fait preuve d’une sérénité remarquable, même face à des situations insolites, comme une interpellation de la police concernant un pique-nique improvisé. Elle attribue cette attitude à son expérience passée de gynécologue, qui l’a habituée à prendre des décisions éclairées dans des circonstances délicates, ainsi qu’à ses convictions bouddhistes.
« L’émotion, ce n’est pas vous, elle prend le dessus de l’extérieur »
Petra De Sutter, rectrice de l’Université de Gand
L’émission Le Colomb, cependant, semble avoir peiné à révéler de nouvelles facettes de la personnalité de De Sutter. Lybaert a eu du mal à obtenir des anecdotes inédites, et le montage a souvent réduit les conversations à leur strict minimum. Le contraste entre la foi de Lybaert et la spiritualité de De Sutter, par exemple, n’a pas été suffisamment exploré.
De Sutter a évoqué son enfance et la difficulté d’aborder avec ses parents leur style éducatif autoritaire. Elle a souligné l’importance de la nuance et de l’acceptation des points de vue différents :
« Parfois, il faut avoir la douceur de dire qu’il existe de multiples vérités et accepter que quelqu’un voie les choses différemment »
Petra De Sutter, rectrice de l’Université de Gand
Un moment plus poignant a été son récit concernant une femme décédée en couches avec son enfant, dont le portrait funéraire trône toujours sur son bureau.
Malgré plusieurs tentatives, Lybaert n’a pas réussi à obtenir de De Sutter des éclaircissements sur les raisons de son départ de la politique active. Elle a simplement évoqué un possible manque de légitimité.
Le voyage a également mis en lumière les attaques haineuses dont De Sutter est victime en ligne, notamment après l’élection de Donald Trump. Elle a constaté une augmentation significative des messages agressifs, non pas de la part d’Américains, mais de Flamands.
« Le jour de l’élection de Trump, j’ai vu doubler le nombre d’attaques personnelles sur mes réseaux sociaux. Pas de la part des Américains, mais de la part des Flamands »
Petra De Sutter, rectrice de l’Université de Gand
L’humour durant le voyage a été distillé par petites touches, comme la curiosité d’un chien sarde pour la rectrice, ou encore la proposition saugrenue d’un homme souhaitant abattre une partie d’une réserve naturelle pour faciliter le stationnement du bus.
La semaine prochaine, c’est Elodie Gabias qui prendra place à bord du bus de Wim Lybaert. On espère que quelques mots de flamand occidental seront de mise en France.
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