Publié le 31 octobre 2025 à 16h30. Les prix du pétrole ont connu une volatilité marquée ce vendredi, initialement stimulés par des informations concernant une possible intervention militaire américaine au Venezuela, avant de retomber suite à un démenti du président Trump sur les réseaux sociaux.
- Les contrats à terme sur le pétrole brut Brent ont brièvement augmenté de 0,09 %, atteignant 65,06 dollars américains (environ 60 euros) le baril.
- Le pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) a progressé de 0,54 %, se négociant à 60,90 dollars américains (environ 56 euros) le baril.
- Des facteurs supplémentaires, tels que les perspectives économiques chinoises et les intentions de l’Arabie saoudite concernant sa production, exercent également une pression sur les prix.
L’annonce initiale d’une possible frappe aérienne américaine contre le Venezuela a provoqué une réaction immédiate sur les marchés pétroliers. La tension géopolitique dans la région, conjuguée à l’incertitude quant à l’approvisionnement, a incité les investisseurs à se tourner vers l’or noir. Cependant, le démenti rapide du président Donald Trump, diffusé via son compte sur les réseaux sociaux, a rapidement inversé la tendance.
« Est-ce une stratégie, réelle ou feinte, de Donald Trump ? », s’est interrogé Phil Flynn, analyste principal chez Price Futures Group, rappelant que le président américain avait déjà nié des informations concernant une attaque contre l’Iran avant de finalement ordonner des frappes aériennes contre la République islamique. « Il y a eu un impact certain sur le marché lorsque les premières informations concernant des plans d’attaque contre le Venezuela ont été divulguées. Si une attaque devait se produire pendant le week-end, les prix pourraient s’envoler lundi. »
Les mouvements militaires américains dans les Caraïbes, notamment le déploiement du porte-avions Gerald Ford, ont alimenté les spéculations. Bien que Washington justifie ce déploiement par la lutte contre le trafic de drogue, son ampleur a été perçue comme excessive par certains observateurs.
Parallèlement, la force du dollar américain, proche de ses plus hauts de trois mois face aux principales devises, contribue à rendre l’achat de matières premières libellées en dollars, comme le pétrole, plus coûteux. De plus, l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, pourrait envisager de réduire ses prix de vente pour les acheteurs asiatiques en décembre, atteignant leur plus bas niveau depuis plusieurs mois, ce qui exercerait une pression supplémentaire à la baisse sur le marché.
Les inquiétudes concernant le ralentissement économique chinois pèsent également sur les prix. Une enquête officielle a révélé une contraction de l’activité manufacturière chinoise pour le septième mois consécutif en octobre. Les prévisions indiquent une baisse de 2,9 % pour le Brent et de 2,3 % pour le WTI en octobre, en raison d’une accélération des augmentations de production par l’Organisation des pays producteurs d’exportation de pétrole (OPEP) et ses alliés.
L’augmentation de l’offre devrait contribuer à compenser l’impact des sanctions occidentales sur les exportations de pétrole russe vers des acheteurs clés tels que la Chine et l’Inde. Un sondage Reuters prévoit un prix moyen du baril de Brent à 67,99 dollars américains (environ 62 euros) en 2025, en légère hausse par rapport à l’estimation du mois dernier. Le WTI devrait atteindre en moyenne 64,83 dollars américains (environ 59 euros) le baril, également en légère augmentation.
Selon une source proche des négociations, l’OPEP+ devrait envisager une légère augmentation de sa production en décembre, avant sa réunion prévue ce dimanche. Par ailleurs, les exportations saoudiennes de pétrole brut ont atteint en août un sommet sur six mois, s’élevant à 6,407 millions de barils par jour, selon les données de la Joint Organizations Data Initiative.
Les États-Unis ont également enregistré une production record de pétrole brut la semaine dernière, atteignant 13,6 millions de barils par jour, selon l’US Energy Information Administration. Enfin, le président Trump a affirmé que la Chine s’était engagée à entamer des discussions pour acheter de l’énergie aux États-Unis, avec d’éventuelles transactions importantes concernant le pétrole et le gaz de l’Alaska. Cependant, les analystes restent sceptiques quant à la capacité d’un éventuel accord commercial entre les États-Unis et la Chine à stimuler significativement la demande d’énergie américaine.
