Les prix du pétrole ont connu une baisse significative cette semaine, malgré des signaux contradictoires sur l’offre et la demande mondiales. Les inquiétudes concernant une possible détente des sanctions contre la Russie et les tarifs américains sur le pétrole importé d’Inde pèsent sur le marché.
Le Brent et le West Texas Intermediate (WTI) ont chuté, se négociant vendredi matin à 66,39 $ le baril (environ 62,50 €) et 63,79 $ le baril (environ 59,50 €) respectivement, par rapport à la clôture de jeudi. Cette baisse intervient en dépit d’une augmentation de 11,5 % des importations chinoises de pétrole brut en juillet, atteignant une moyenne quotidienne de 11,2 millions de barils.
La décision du président Trump d’imposer un tarif supplémentaire de 25 % sur les importations indiennes, en représailles aux achats de pétrole russe de l’Inde, n’a pas eu l’effet escompté sur les prix. Les analystes estiment que ces tarifs pourraient réduire l’offre mondiale d’environ 3,5 millions de barils par jour.
Par ailleurs, la perspective d’une rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine alimente les craintes d’un assouplissement des sanctions contre la Russie, ce qui pourrait affecter les tarifs sur le pétrole russe. Selon ING, cette réunion est cruciale car elle pourrait influencer les tarifs secondaires imposés à l’Inde. « La date limite fixée par le président Trump pour un accord de paix russo-ukrainien expire aujourd’hui, laissant planer le risque d’un durcissement des sanctions américaines contre Moscou », ont souligné Warren Patterson et Ewa Manthey, analystes des matières premières chez ING.
Les raffineurs indiens cherchent activement à diversifier leurs sources d’approvisionnement. Reuters rapporte que deux grandes entreprises publiques indiennes ont sécurisé l’achat de 22 millions de barils de pétrole pour livraison dans les prochains mois, en provenance de pays autres que la Russie.
Le marché mondial du pétrole, bien que tendu en raison des réductions de production de l’OPEP+, n’a pas suffisamment compensé les effets des tarifs et des incertitudes géopolitiques. Les réductions de production n’ont pas été mises en œuvre dans leur intégralité comme promis par le groupe.
En juin, les importations chinoises avaient atteint un pic de 12,14 millions de barils par jour, le plus haut niveau enregistré depuis près de deux ans, en raison du réapprovisionnement après la maintenance des raffineries et des achats opportunistes de pétrole sanctionné à prix réduit.
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