Publié le 17 décembre 2025. La collaboration entre le prodige du tennis Carlos Alcaraz et son entraîneur Juan Carlos Ferrero prend fin, marquant la conclusion d’un chapitre couronné de succès mais entaché de divergences sur la gestion de la carrière du jeune joueur.
- L’annonce de la séparation a été faite par Ferrero lui-même, dans un communiqué laissant transparaître une certaine déception.
- Des désaccords profonds entre Ferrero et le père d’Alcaraz concernant la stratégie à adopter pour l’avenir du joueur sont à l’origine de cette décision.
- L’influence grandissante de la famille Alcaraz et la volonté du joueur de promouvoir sa propre académie de tennis ont également joué un rôle déterminant.
La nouvelle a pris de court le monde du tennis, alors que Juan Carlos Ferrero a guidé Carlos Alcaraz vers six titres du Grand Chelem et le sommet du classement mondial. Pourtant, derrière les sourires et les trophées, des tensions latentes se sont progressivement révélées, aboutissant à une rupture qui semblait inévitable.
Dans un communiqué publié ce mardi 16 décembre, Ferrero a exprimé son regret de ne pas poursuivre l’aventure avec Alcaraz :
« J’aurais aimé continuer ».
Juan Carlos Ferrero. Cette phrase, perçue comme un cadeau de Noël anticipé, témoigne d’un désir sincère de maintenir la collaboration.
Selon une source proche des deux hommes, citée par ARGILE, les divergences portaient principalement sur la gestion de la carrière d’Alcaraz. Javier de Diego, spécialiste du tennis à la Radio Nacional de España (RNE), a précisé que la rupture s’est consommée il y a deux jours, lors de négociations infructueuses pour un nouveau contrat. Plus d’informations sur Claytenis.
Au-delà des aspects contractuels, la personnalité de Ferrero, décrit comme discret et réservé, contrastait avec l’exubérance d’Alcaraz. Cette différence de tempérament, déjà perceptible dans sa relation avec Rafael Nadal, a pu créer des frictions. Le documentaire Netflix « My Way », dans lequel Alcaraz expose sa philosophie de vie axée sur le plaisir, illustre cette divergence de vues.
L’ancien joueur de tennis brésilien Fernando Meligeni, ami de Ferrero, a mis en lumière un autre facteur clé : l’engagement du joueur. Dans une interview accordée à ARGILE, il a souligné que le « My Way » d’Alcaraz englobait bien plus que sa simple affinité pour la fête :
« C’est plus que ça. Voyons. Ce « à ma façon », c’est le calendrier, c’est combien, c’est comment. La vérité est que le problème du joueur avec l’entraîneur, c’est son engagement, combien il va s’engager. Logiquement, la nuit et le chupi [l’alcool] ils sont l’une des choses les plus importantes. Mais alors il y a de tout. Dans quelle mesure la famille participera-t-elle ? La famille d’Alcaraz est toute à l’intérieur. Juanqui voudra-t-il que le frère d’Alcaraz fasse partie de l’équipe ? Je ne sais pas.”
Fernando Meligeni. Il a ajouté, sans équivoque, que le « My Way » d’Alcaraz avait fini par l’emporter.
La présence constante de la famille Alcaraz dans les décisions concernant la carrière du joueur a également pesé sur la relation avec Ferrero. Une discussion particulièrement vive a eu lieu entre le père d’Alcaraz et l’entraîneur lorsque ce dernier a annoncé son absence lors de la tournée sud-américaine en février 2023, confiant cette mission à son ancien entraîneur, Antonio Martínez Cascales.
Malgré cet épisode, Alcaraz a remporté des victoires importantes lors de cette tournée, mais les conséquences de la dispute entre Ferrero et son père se sont fait sentir. Lors d’une interview, Ferrero a insisté sur la nécessité pour les jeunes joueurs de trouver un équilibre entre travail et repos, et de comprendre la réalité du monde professionnel :
« Comprendre le professionnalisme, quand vraiment travailler, quand se reposer, quand se concentrer. Cela, pour les jeunes d’aujourd’hui, c’est vraiment compliqué, car il leur est souvent difficile de vivre la réalité de ce qui les entoure. Ils y vont de semaine en semaine, ils sont très bien traités partout et ils ne voient pas la réalité. Dans cet aspect, je pense qu’il s’améliore beaucoup, je pense que la structure d’équipe qu’il a autour de lui l’aide à garder les pieds sur terre.”
Juan Carlos Ferrero. Plus de détails sur les propos de Ferrero.
Ces derniers mois, l’influence de Samuel López, qui accompagnait de plus en plus souvent Alcaraz lors des tournois, s’est accrue. Il a notamment contribué à améliorer le service du joueur. Parallèlement, Alcaraz semblait de moins en moins disposé à se rendre à l’académie de Villena pour s’entraîner, préférant se concentrer sur la promotion de sa propre académie, « Carlos Alcaraz Tennis Academy », dirigée par son père.
En fin de compte, la question était simple : qui devait s’adapter à qui ? La réponse, donnée neuf jours avant Noël, a confirmé que l’avenir d’Alcaraz se construirait sans Juan Carlos Ferrero, un entraîneur qui a contribué à faire de lui une légende du tennis.
Sur le même sujet
