Home AffairesLes réunions des banques centrales et les données de l’IPC américain mettent ces paires de devises sous les projecteurs

Les réunions des banques centrales et les données de l’IPC américain mettent ces paires de devises sous les projecteurs

by Amélie Bernard

Les banques centrales européennes et britanniques sont au centre de toutes les attentions ce jeudi, avec des décisions de politique monétaire attendues de part et d’autre. Ces annonces interviennent dans un contexte économique mondial particulièrement scruté, à quelques jours d’une conférence de presse cruciale de la Banque centrale européenne (BCE).

L’ambiance sur les marchés financiers s’est légèrement améliorée en matinée. Les contrats à terme sur les indices américains affichaient une hausse, entraînant dans leur sillage les places boursières européennes, après une journée difficile pour les valeurs technologiques à Wall Street. Ce regain d’optimisme est en partie dû aux prévisions encourageantes de Micron Technology (NASDAQ :), un géant américain des puces mémoire, qui a temporairement freiné une vague de ventes dans le secteur.

L’attention se porte désormais sur la publication de l’indice des prix à la consommation (IPC) aux États-Unis. Les investisseurs espèrent y trouver des indices sur la prochaine décision de la Réserve fédérale américaine (Fed). Cependant, cette publication est assortie d’une mise en garde : les perturbations liées aux fermetures administratives pourraient affecter la fiabilité des données.

L’IPC de novembre devrait afficher une hausse de 3,1 % sur un an, contre 3,0 % en septembre. Si ces prévisions se confirment, elles renforceront les arguments en faveur d’une « inflation persistante ». Néanmoins, il est peu probable que ce seul chiffre remette en question les anticipations concernant une éventuelle baisse des taux d’intérêt par la Fed. Le rapport ne sera qu’une photographie partielle de la situation, avec des données mensuelles manquantes dans certaines catégories en raison de problèmes de collecte et de retards.

Jusqu’à présent, les événements économiques américains n’ont eu qu’un impact limité sur les marchés des changes. Les commentaires du gouverneur de la Fed, Chris Waller, hier, qui a adopté un ton plutôt accommodant en soulignant la faiblesse du marché du travail et en suggérant que les taux d’intérêt pourraient être encore supérieurs de 50 à 100 points de base au niveau neutre, n’ont pas incité à une action immédiate. Les marchés n’évaluent actuellement à 25 % la probabilité d’une baisse des taux en janvier, privilégiant une réunion du Comité fédéral de politique monétaire (FOMC) en mars.

À moins d’une surprise concernant les inscriptions hebdomadaires au chômage, il est peu probable que les données américaines actuelles modifient la donne. Les décisions de taux et les signaux émis par la BCE et la Banque d’Angleterre (BoE) pour les années à venir pourraient s’avérer plus déterminants pour l’évolution des marchés que les événements d’aujourd’hui aux États-Unis. Une attitude plus ferme que prévu de la BCE pourrait déclencher une nouvelle vague de ventes du dollar américain.

Analyse technique de l’indice du dollar américain

Avant les publications macroéconomiques, l’indice du dollar américain était en hausse pour la deuxième journée consécutive, bien qu’il ait suivi une tendance baissière ces dernières semaines. Il a enregistré une série de plus hauts et de plus bas descendants après avoir buté sur une résistance clé entre 100,00 et 100,40 en novembre. Cette zone avait également marqué un sommet en août.

Depuis qu’il a atteint un nouveau sommet autour de cette même zone en novembre, l’indice a franchi plusieurs niveaux de support, d’abord à 99,00, puis autour de 98,60. Ces anciens niveaux de support sont désormais des résistances à court terme importantes. Tant qu’ils tiendront, la trajectoire technique de moindre résistance du dollar américain restera orientée à la baisse, malgré sa légère reprise cette semaine. Une cassure décisive au-dessus de 99,00 pourrait toutefois relancer un rallye à court terme.

À la baisse, un premier support se situe autour de 98,00. Cette zone a tenu par le passé et coïncide avec le retracement de Fibonacci de 61,8 % à 97,81. En dessous de ce niveau, il n’y a pas de support clair avant environ 97,00. Au-delà, les plus bas de juillet et septembre, entre 96,20 et 96,40, constitueront une zone clé à surveiller.

Dans l’ensemble, l’indice du dollar américain évolue dans une fourchette de consolidation, mais la dynamique à court terme penche vers une baisse. Par conséquent, je maintiens un biais baissier sur l’indice, sauf indication contraire des graphiques ou d’un changement soudain de l’environnement macroéconomique favorable au dollar.

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