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Les secrets de la nouvelle technologie sophistiquée qui surveille les moteurs de F1 2026

Publié le 10 janvier 2026 à 10h03. À partir de la saison 2026, la Formule 1 adoptera un nouveau débitmètre de carburant, plus sophistiqué et sécurisé, développé par Allengra. Ce composant crucial, qui surveillera non seulement le volume…

Les secrets de la nouvelle technologie sophistiquée qui surveille les moteurs de F1 2026

Publié le 10 janvier 2026 à 10h03. À partir de la saison 2026, la Formule 1 adoptera un nouveau débitmètre de carburant, plus sophistiqué et sécurisé, développé par Allengra. Ce composant crucial, qui surveillera non seulement le volume mais aussi la valeur énergétique du carburant, est au cœur des enjeux de performance et de conformité de la nouvelle ère des moteurs hybrides.

  • Allengra remplacera Sentronics comme fournisseur unique de débitmètres pour l’ensemble de la grille.
  • Le nouveau système combine deux unités de mesure en une seule, rendant la manipulation plus difficile.
  • La FIA exigera également la mesure du débit énergétique du carburant, en plus du débit massique.

Le débitmètre, un composant discret mais essentiel en Formule 1, a pris une importance capitale avec l’introduction des motorisations turbo-hybrides. La limitation du volume de carburant autorisé et le contrôle de sa consommation ont contraint les constructeurs à optimiser l’efficacité de la combustion, faisant de cet instrument un élément clé pour garantir le respect des réglementations. Depuis plusieurs années, Sentronics fournissait deux débitmètres par voiture : un pour les équipes et un second, crypté, pour la FIA. Désormais, Allengra a remporté l’appel d’offres pour la prochaine génération de moteurs, qui verra une répartition différente de la puissance entre les sources thermique et électrique.

Cette transition vers un nouveau fournisseur s’accompagne d’une évolution significative du dispositif lui-même. La principale innovation réside dans la consolidation des deux compteurs distincts en une seule unité compacte. Ce changement, explique Niels Junker, co-PDG d’Allengra, offre un niveau de sécurité accru :

« On pourrait dire qu’ils sont comme deux unités en une. Un avantage majeur est que les tuyaux ont une géométrie différente, ce qui rend mécaniquement difficile leur synchronisation parfaite au même instant, même en utilisant la même fréquence de mesure. »

Niels Junker, co-PDG d’Allengra

Au-delà de cette complexité physique, le nouveau débitmètre utilise des fréquences de mesure différentes pour chaque canal de carburant, combinées à des fonctions anti-aliasing, empêchant ainsi les équipes de tenter de synchroniser leurs propres mesures. Cette architecture multicouche vise à prévenir toute tentative de contournement du système.

Le débitmètre Allengra fonctionne à une vitesse comprise entre 4 et 6 kHz, soit environ trois fois plus rapidement que les capteurs de courant traditionnels. Cela signifie que le processus de mesure est répété jusqu’à 6 000 fois par seconde. Un tel niveau de précision nécessite un capteur de référence spécifique, développé par Allengra, capable de valider les mesures obtenues. Les tests sur piste en 2025 ont confirmé la fiabilité du système.

Le fonctionnement du débitmètre repose sur le principe de la mesure du temps de vol d’une onde ultrasonique. Le carburant circule à travers une structure en forme de « U » aplati, et deux transducteurs ultrasoniques opposés échangent un signal. La différence de temps de transit du signal, en fonction du sens du flux de carburant, permet de déterminer avec précision sa vitesse. En connaissant le diamètre interne du tuyau, le débit volumétrique peut être calculé. Cependant, le système ne s’arrête pas là : il mesure également la masse du carburant, en tenant compte de sa densité et de sa température.

À partir de 2026, la FIA ira encore plus loin en exigeant la mesure du débit énergétique du carburant. Les caractéristiques de chaque carburant, notamment sa valeur énergétique par unité de masse, seront certifiées par un organisme indépendant. L’ECU du moteur (unité de contrôle électronique), également un composant homologué par un seul fournisseur, convertira le débit massique mesuré par le débitmètre en flux d’énergie, en utilisant les données de densité énergétique et de pouvoir calorifique inférieur fournies par l’organisme de certification. La limite maximale autorisée sera de 3000 MJ/h. En dessous de 10 500 tr/min, le flux d’énergie autorisé sera calculé selon la formule EF (MJ/h) = 0,27 × N (régime moteur en tr/min) + 165.

Cette nouvelle réglementation ouvre la voie à une course au développement entre les fournisseurs de carburant. La qualité du carburant, et plus précisément sa densité énergétique, deviendra un facteur stratégique majeur. Un carburant plus dense en énergie permettra aux équipes de réduire la masse de carburant embarquée tout en maintenant la même quantité d’énergie disponible pour le moteur, offrant ainsi un avantage en termes de performance et de poids. C’est une nouvelle dimension dans la quête de l’optimisation en Formule 1.

Lire aussi : Comment fonctionnera le nouveau mode de dépassement de la F1 – et pourquoi ses règles ne sont toujours pas finalisées ?

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À propos de l’auteur: Camille Renault

Camille Renault couvre le sport français et international, avec une attention particulière au football, au rugby, au tennis et aux grands rendez-vous de compétition. Son écriture conjugue précision, rythme et sens du résultat.