Home MondeLes Shaheds russes ont obtenu une autre solution improvisée mais efficace : ils portent un lance-roquettes qu’un soldat porte normalement sur son épaule | Vosveteit.sk

Les Shaheds russes ont obtenu une autre solution improvisée mais efficace : ils portent un lance-roquettes qu’un soldat porte normalement sur son épaule | Vosveteit.sk

by Clara Dubois

Publié le 5 janvier 2026. L’armée ukrainienne fait face à une nouvelle menace : des drones Shahed russes désormais équipés de missiles sol-air portables, transformant ces engins initialement conçus pour frapper au sol en une menace aérienne active.

  • Les forces ukrainiennes ont identifié des drones Shahed modifiés, transportant des systèmes de missiles anti-aériens portables (MANPADS).
  • Ces modifications ne rendent pas les drones autonomes ; ils sont toujours pilotés à distance depuis la Russie, permettant à un opérateur de choisir et d’engager des cibles.
  • Les experts ukrainiens mettent en garde contre une nouvelle approche tactique nécessitant une adaptation des stratégies de défense aérienne.

Une nouvelle dimension vient d’être ajoutée aux attaques de drones russes en Ukraine. Pour la première fois, des drones Shahed ont été détectés transportant non seulement des explosifs, mais également un système de missile sol-air portable, un MANPADS (Man-Portable Air-Defense System). Cette évolution marque un tournant, transformant une cible relativement prévisible en un adversaire capable d’engager des aéronefs.

L’information a été rendue publique par Serhij Beskrestnov, un expert ukrainien en électronique militaire connu sous le pseudonyme de Flash. Selon lui, les troupes ukrainiennes ont rencontré ces Shahed équipés de MANPADS directement sur le champ de bataille. « L’ennemi continue de chercher des moyens de détruire notre force aérienne. Aujourd’hui, pour la première fois, nous avons rencontré un Shahed sur lequel un système de missile anti-aérien portable a été installé », a-t-il déclaré. Description.

Il est important de souligner que ces drones ne sont pas des armes autonomes. Les Shahed sont équipés d’une caméra et d’un modem radio, mais le lancement du missile est contrôlé par un opérateur situé en Russie. Cela signifie qu’un opérateur humain a la possibilité d’évaluer la situation, de sélectionner une cible et de décider du moment opportun pour tirer.

Face à cette nouvelle menace, Flash a lancé un avertissement aux pilotes de l’armée de l’air ukrainienne : « Je demande aux pilotes de l’Air Force de prendre note de la nouvelle menace. Une approche frontale de Shahed doit être évitée. »

Cette modification représente un défi technique significatif. Les MANPADS, comme les modèles Igla ou Verba, pèsent entre 10 et 11 kilogrammes. Ajouter un tel poids, avec son système de lancement, représente une charge considérable pour un drone dont la capacité d’emport est d’environ 50 kilogrammes. Il est probable que la Russie ait dû sacrifier une partie de la charge explosive ou du carburant pour pouvoir transporter le missile. Cela suggère que ce Shahed modifié ne vise pas principalement à agir comme une bombe volante, mais plutôt comme un outil spécialisé pour contrer les hélicoptères et les avions volant à basse altitude.

La stabilisation du missile représente également un obstacle technique majeur. Les Shahed utilisent un moteur à combustion interne avec une hélice, ce qui génère des vibrations importantes. Or, les MANPADS doivent pouvoir verrouiller de manière stable la signature thermique de la cible avant de tirer. Si la Russie a réussi à résoudre ce problème grâce à un système de stabilisation gyroscopique ou à un filtrage logiciel, cela témoigne d’un niveau d’ingénierie surprenant.

Cette évolution intervient alors que l’Ukraine a récemment amélioré ses capacités de défense anti-drones, abattant de plus en plus de Shahed russes avant qu’ils n’atteignent leurs cibles. En équipant les Shahed d’un missile, la Russie transforme une cible passive en une menace active, obligeant les opérateurs de drones FPV (First-Person View) à faire face à une potentielle bataille aérienne dangereuse.

Des améliorations simples mais efficaces

L’ajout de MANPADS n’est pas la seule modification apportée par la Russie à ses drones Shahed. Des observateurs ont également remarqué l’ajout de couches supplémentaires de plastique et de mousse sur les moteurs et l’électronique de certains drones. Ces matériaux, qui ressemblent à de simples isolants disponibles dans les magasins de bricolage, ont pour objectif de réduire la signature thermique des drones, rendant ainsi plus difficile leur détection par les capteurs thermiques des intercepteurs ou des systèmes anti-aériens portables. Bien que l’effet ne soit pas spectaculaire, il peut permettre à un drone de voler quelques kilomètres de plus lors d’attaques massives.

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Source : Lepasik / depositphotos.com

Une autre tactique consiste à modifier le comportement de vol des drones. Certains Shahed ont commencé à voler selon des trajectoires irrégulières, avec des changements brusques d’altitude ou de courts cercles au-dessus de la zone cible. Ce comportement chaotique, bien que déroutant pour un observateur non averti, complique la tâche des opérateurs de drones FPV, qui doivent constamment corriger leur trajectoire, gaspillant ainsi de l’énergie et augmentant le risque de perdre le contact avec le drone. La Russie tente ainsi de transformer un drone bon marché en une cible plus difficile à intercepter qu’un Shahed volant en ligne droite.

Des cas d’ajout de réflecteurs passifs ou de modules de brouillage bon marché ont également été signalés. Il ne s’agit pas d’une guerre électronique sophistiquée, mais d’une tentative de submerger les capteurs et les caméras ennemis avec du bruit ou de faux signaux. En pratique, cela signifie que l’intercepteur voit plus de « points » qu’il n’en existe réellement. Bien que ces astuces ne soient pas toujours efficaces, elles contribuent à compliquer la tâche des opérateurs de drones, ne serait-ce que de quelques secondes, un temps précieux dans le contexte de la guerre actuelle.

Ce changement, bien que subtil, est significatif. Le Shahed évolue progressivement d’une arme jetable bon marché à une plateforme adaptable, capable de répondre aux nouvelles menaces directement sur le champ de bataille. Et c’est cette adaptabilité qui est aujourd’hui souvent plus décisive que la puissance explosive du drone lui-même.

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