Publié le 30 décembre 2025 05:08:00. Syndicats, patronat et gouvernement sud-coréen se sont accordés sur une feuille de route ambitieuse pour réduire significativement les heures de travail effectives d’ici 2030, en visant la moyenne de l’OCDE, et pour améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
- Une nouvelle loi de soutien à la réduction des heures de travail effectives sera promulguée l’année prochaine, protégeant notamment contre les sollicitations abusives en dehors des heures de travail.
- L’objectif est de ramener la durée réelle du travail à 1 700 heures par an (contre une moyenne actuelle non précisée) d’ici 2030.
- Des mesures seront prises pour lutter contre les abus du forfait en jours et garantir le respect des temps de repos.
Après trois mois de discussions intensives, regroupant l’ensemble des partenaires sociaux, un consensus a émergé sur la nécessité de réformer en profondeur la culture du travail en Corée du Sud. L’équipe de promotion de la feuille de route pour la réduction des heures de travail effectives, lancée le 24 septembre dernier, a abouti à une « Déclaration commune » qui engage les syndicats, le patronat et le gouvernement à agir conjointement.
Au cœur de cet accord figure la volonté de dépasser une simple réduction du nombre total d’heures travaillées, en favorisant une innovation des méthodes de travail et une amélioration de la productivité. Les parties prenantes ont convenu de coopérer pour créer des environnements de travail plus sains, où le repos et la sécurité des employés sont prioritaires, et de réduire les disparités en matière d’horaires.
Pour contrer les dérives du système de forfait en jours, une révision de la loi sur les normes du travail est prévue, afin d’assurer un enregistrement transparent des heures de travail. Parallèlement, une loi de soutien à la réduction des heures de travail effectives sera adoptée au premier semestre de l’année prochaine, pour protéger les salariés contre les demandes de travail en dehors des heures de bureau et encourager la mise en place d’aménagements favorisant l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Des aides financières seront également allouées aux entreprises qui s’engageront dans cette voie.
Le système de post-supervision des heures supplémentaires exceptionnelles sera renforcé et pourrait être étendu au secteur de la recherche et du développement en intelligence artificielle. Une attention particulière sera également portée aux industries bénéficiant de dérogations au système standard d’horaires de travail, afin de garantir des périodes de repos minimales.
Une enquête sur les conditions de travail des travailleurs de nuit sera menée, en vue d’élaborer des mesures spécifiques pour protéger leur santé, qui seront mises en œuvre au second semestre de l’année prochaine. Les salariés ayant une journée de travail de quatre heures pourront bénéficier d’une plus grande flexibilité dans la gestion de leur pause, avec la possibilité de quitter leur poste de travail trente minutes plus tôt. Enfin, une révision de la loi sur les normes du travail est envisagée pour encourager l’utilisation fractionnée des congés annuels, notamment pour les jeunes parents.
Le gouvernement s’engage à soutenir les petites et moyennes entreprises dans leur transition vers des horaires de travail plus favorables, en leur fournissant des technologies, des équipements, des services de conseil et des aides financières.
Certaines questions sensibles, telles que la durée légale du travail, le plafond des heures supplémentaires, la périodicité du système de travail flexible, les temps de repos entre les journées de travail, les taux de majoration des indemnités et l’augmentation du nombre de jours de congés payés, feront l’objet de discussions ultérieures, après une analyse plus approfondie des données et des échanges entre les syndicats et le patronat.
« Grâce à une communication sincère et à des concessions mutuelles, les syndicats, le patronat et le gouvernement sont parvenus à un accord sur cette tâche sociale de longue date : la réduction des heures de travail effectives. »
Kim Young-hoon, ministre de l’Emploi et du Travail
Le ministre a également assuré que le gouvernement soutiendrait activement l’adoption rapide des textes législatifs nécessaires à la mise en œuvre de cet accord par l’Assemblée nationale.
Journaliste Jeong Jae-hong [email protected]