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Les tarifs douaniers de Trump et le réchauffement des relations entre l’Inde et la Chine ont réduit au silence le partenariat Quad… pour l’instant

Publié le 18 décembre 2025 à 13h25. Le partenariat stratégique entre les États-Unis, l'Inde, l'Australie et le Japon, connu sous le nom de « Quad », traverse une période de turbulences, fragilisé par les tensions commerciales et les…

Les tarifs douaniers de Trump et le réchauffement des relations entre l’Inde et la Chine ont réduit au silence le partenariat Quad… pour l’instant

Publié le 18 décembre 2025 à 13h25. Le partenariat stratégique entre les États-Unis, l’Inde, l’Australie et le Japon, connu sous le nom de « Quad », traverse une période de turbulences, fragilisé par les tensions commerciales et les divergences géopolitiques entre Washington et New Delhi.

  • Les relations commerciales tendues entre les États-Unis et l’Inde, notamment en raison de droits de douane réciproques, mettent en péril la tenue d’un sommet du Quad initialement prévu en novembre 2025.
  • L’Inde semble se rapprocher de la Chine, tant sur le plan économique que géopolitique, ce qui suscite des inquiétudes à Washington.
  • Malgré ces difficultés, aucun des membres du Quad ne souhaite officiellement mettre fin à cette coopération, espérant une stabilisation des relations et une évolution favorable des circonstances.

Lors de leur dernière rencontre en septembre 2024, les dirigeants du Quad avaient affiché une unité apparente. Le président américain Joe Biden avait alors qualifié le partenariat entre les États-Unis, l’Inde, l’Australie et le Japon d’« aligné stratégiquement plus que jamais », comme le rapporte la Déclaration de Wilmington. Le Premier ministre indien Narendra Modi avait, de son côté, affirmé que « le Quad est là pour rester », selon ses déclarations.

Plus d’un an plus tard, la situation a considérablement évolué. Un sommet du Quad, initialement prévu en novembre 2025 en Inde, n’a toujours pas été organisé. Malgré les mois écoulés, aucune date n’a été annoncée, comme le soulignent les médias, notamment India Today et Reuters.

Ce silence s’explique, selon des experts des institutions internationales et de la géopolitique de l’Indo-Pacifique, par les calculs stratégiques de l’Inde et des États-Unis. L’administration Trump ne perçoit pas clairement les bénéfices nationaux découlant du Quad. Parallèlement, New Delhi est davantage préoccupée par sa position dans le contexte de la rivalité croissante entre la Chine et les États-Unis, comme l’analyse Hajoong Kim et Young-Joo Choi.

Le Dialogue quadrilatéral sur la sécurité, nom complet du Quad, a été initié en 2004. Initialement axé sur l’assistance humanitaire suite au tsunami de l’océan Indien, il a été relancé en 2007 sous l’impulsion du Premier ministre japonais de l’époque, Shinzo Abe, avec pour objectif de promouvoir un Indo-Pacifique libre et prospère, en mettant l’accent sur la sécurité maritime et la coopération économique, comme le détaille Asia Society.

L’histoire du Quad a été marquée par des interruptions. L’Australie s’est retirée en 2008, privilégiant ses relations commerciales avec la Chine, tandis que l’Inde a parfois affiché une certaine réserve, en raison de son héritage de non-alignement et de ses préoccupations concernant ses relations avec Pékin, comme le souligne Lowy Institute.

Le Quad 2.0 a pris forme en 2017, alors que les quatre membres ont convergé autour d’un sentiment partagé de nécessité de contrer l’influence grandissante de la Chine, selon Heritage Foundation. Depuis, le dialogue s’est élargi à des domaines non liés à la sécurité, tels que la santé mondiale et les technologies critiques.

Cependant, les tensions commerciales récentes ont mis à rude épreuve la coopération. Le 1er août 2025, Washington a imposé des droits de douane réciproques de 25 % sur les produits indiens, en réponse à des différends commerciaux de longue date concernant l’accès au marché agricole indien. Des droits punitifs supplémentaires de 25 % ont également été imposés sur les achats de pétrole russe par New Delhi, selon Reuters et BBC News.

Ces mesures se sont accompagnées de nouvelles restrictions américaines sur les visas H-1B, destinés aux travailleurs qualifiés temporaires, dont environ 70 % sont des ressortissants indiens, comme le rapporte Fortune. De plus, la participation de l’Inde à une réunion des pays BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) en septembre a été perçue par Washington comme un signe de rapprochement avec Pékin, selon Reuters.

Le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a critiqué l’adhésion de l’Inde aux BRICS, l’accusant de « malmener les États-Unis », selon India Today. Malgré ces tensions, les États-Unis restent le principal partenaire commercial de l’Inde, avec des échanges bilatéraux atteignant 131,84 milliards de dollars américains au cours de l’exercice 2024-2025, selon Times of India.

Parallèlement, l’Inde semble se rapprocher de la Chine. Lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai en août, Narendra Modi et Xi Jinping ont présenté les deux pays comme des « partenaires de développement, pas des rivaux », selon Reuters. Cette évolution est interprétée comme un rapprochement après des décennies d’escarmouches frontalières et de frictions maritimes, comme le souligne Chatham House.

Les exportations indiennes vers la Chine ont bondi de 90 % en novembre, atteignant 2,2 milliards de dollars, malgré les droits de douane américains, selon Times Now News. Cette convergence est alimentée par l’interdépendance économique entre les deux pays, notamment en matière d’importations indiennes de machines et d’électronique chinoises, comme le souligne Carnegie Endowment for International Peace.

L’adhésion croissante des États-Unis au Pakistan, rival de l’Inde, ainsi que les tentatives de médiation de Donald Trump dans le conflit entre l’Inde et le Pakistan, ont également contribué à détériorer les relations entre Washington et New Delhi, comme le rapporte Forbes.

Malgré ces difficultés, les facteurs sous-jacents aux relations entre les États-Unis et l’Inde restent solides. La stratégie de sécurité nationale américaine mentionne explicitement le Quad dans le cadre des efforts visant à « gagner l’avenir économique » en Asie, selon NDTV. Les deux nations continuent de réaffirmer leur engagement envers ce partenariat, espérant une stabilisation des relations et une évolution favorable des circonstances.

Des progrès récents dans les négociations commerciales et une réduction progressive des importations de pétrole russe pourraient apaiser le scepticisme américain à l’égard de l’Inde. Le Japon et l’Australie s’efforcent également de maintenir la dynamique du Quad, le Japon grâce à ses capacités navales et de la garde côtière, et l’Australie grâce à ses initiatives en matière d’infrastructures et de santé. Si un accord commercial mutuellement acceptable est trouvé et que New Delhi parvient à définir un cadre acceptable pour l’administration américaine actuelle, un sommet des dirigeants pourrait encore se concrétiser en 2026. Cependant, plus les tensions commerciales entre l’Inde et les États-Unis s’intensifient, moins les chances d’un Quad renforcé à court terme sont importantes.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.