Publié le 10 novembre 2025 03:22:00. À la veille de la COP30 à Belém, au Brésil, le constat est sombre : les objectifs climatiques semblent hors d’atteinte et les tensions géopolitiques ne font qu’aggraver la situation. Malgré ce pessimisme, des avancées et une mobilisation citoyenne laissent entrevoir une lueur d’espoir.
- La Terre a dépassé pour la première fois sur douze mois consécutifs la barre des 1,5 °C de réchauffement définie par l’Accord de Paris.
- L’électricité produite à partir de sources renouvelables a dépassé, pour la première fois, celle issue du charbon à l’échelle mondiale.
- Les mouvements sociaux et les communautés autochtones jouent un rôle crucial dans la recherche de solutions et la remise en question du modèle économique actuel.
L’ouverture de la COP30, ce lundi à Belém, intervient dans un contexte particulièrement préoccupant. Les conférences climatiques et sur la biodiversité se multiplient, mais les promesses peinent à se concrétiser, que ce soit par la faiblesse des objectifs fixés ou par les blocages rencontrés lors de leur mise en œuvre. La perspective de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C d’ici 2050 apparaît désormais illusoire. En janvier 2024, la planète a franchi un seuil critique : pour la première fois, la température moyenne sur douze mois consécutifs a dépassé de 1,5 °C le niveau préindustriel, comme le prévoit l’Accord de Paris. Cette situation s’inscrit dans un tableau plus large, marqué par des tensions géopolitiques croissantes, une crise de la démocratie et la montée en puissance de mouvements d’extrême droite souvent climatosceptiques.
Pourtant, il est impératif de ne pas céder au désespoir. Chaque dixième de degré compte dans la lutte contre le dérèglement climatique. Si l’objectif de 1,5 °C semble hors d’atteinte, il faut alors se battre pour limiter le réchauffement à 1,6 °C, voire moins. L’abandon des efforts n’est pas envisageable. Bien que les investissements publics restent insuffisants et que de nouvelles centrales à charbon continuent d’être construites, il est essentiel de souligner les avancées significatives. Début octobre, le Tuteur rapportait que l’électricité produite à partir d’énergies renouvelables avait dépassé, pour la première fois, celle générée par le charbon à l’échelle mondiale. Lien vers l’article du Tuteur
La transition vers un modèle énergétique durable ne se fera pas du jour au lendemain. Les intérêts politiques et financiers liés à la poursuite du statu quo pèsent lourdement. La Suisse, par exemple, dépense encore 12 milliards de francs suisses chaque année pour importer du pétrole et du gaz. Un autre défi majeur réside dans l’imaginaire collectif, encore fortement ancré dans une dépendance aux énergies fossiles. Une société axée sur la surconsommation a besoin de nouvelles perspectives, de nouveaux modèles de vie désirables, pour dépasser le faux dilemme entre la fin du mois et la fin du monde. Il est donc nécessaire de concevoir un nouveau projet de société, fondé sur la justice sociale, capable de répondre à un besoin réel : le changement climatique est, à l’échelle mondiale, la principale préoccupation des citoyens, dont beaucoup subissent déjà les conséquences désastreuses de la hausse des températures.
En Suisse, comme ailleurs, les mouvements sociaux et les forces de gauche ont un rôle essentiel à jouer pour proposer un projet de société rassembleur, qui fait cruellement défaut aujourd’hui, et aller au-delà de la simple dénonciation des activités destructrices pour le climat. Un mouvement de fond est en marche. La semaine dernière, nous avons rapporté que, en parallèle de la COP30, des communautés autochtones ont organisé un sommet des peuples en Amazonie, symbole d’une résistance vivante. La construction d’une société durable et équitable est un processus de longue haleine. Mais les graines sont semées. En attendant, il ne faut pas s’attendre à des conclusions révolutionnaires de la COP30. Le véritable changement viendra de la base.
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