Publié le 28 décembre 2023 18:42. L’Estonie s’apprête à renforcer considérablement ses capacités de défense avec l’acquisition de systèmes de lancement de missiles multiples K239 Chunmoo, capables, selon des experts, de menacer la flotte russe en mer Baltique. Cette acquisition s’inscrit dans un contexte de tensions régionales accrues et de volonté de dissuasion.
- L’Estonie a signé un contrat de 290 millions d’euros avec Hanwha Aerospace pour l’acquisition de six lanceurs multiples K239 Chunmoo et de trois types de munitions associées.
- Ces systèmes pourraient permettre à l’Estonie, et potentiellement à la Lituanie, de frapper des navires russes dans la mer Baltique, notamment à Kronstadt près de Saint-Pétersbourg et à Baltiisk dans l’enclave de Kaliningrad.
- Le K239 Chunmoo est compatible avec une gamme de missiles, dont un modèle antinavire (CTM-ASBM) d’une portée de 160 km (environ 99 miles).
Tallinn a conclu un accord avec le constructeur sud-coréen Hanwha Aerospace pour l’acquisition de six systèmes de lancement de missiles multiples K239 Chunmoo, pour un montant total de 290 millions d’euros. La livraison, qui comprend également trois types de munitions, devrait débuter au second semestre 2027. Cette acquisition représente un investissement majeur dans la capacité de défense estonienne et témoigne de la volonté du pays de renforcer sa sécurité face aux menaces potentielles.
Selon le portail spécialisé Defence Express, les systèmes Chunmoo, une fois déployés, pourraient avoir un impact significatif sur l’équilibre des forces dans la région de la mer Baltique. Ils sont capables de lancer différents types de missiles, dont le CGR-080 (80 km, soit environ 50 miles), comparable au GMLRS américain, le CTM-MR (160 km, soit environ 99 miles), similaire à l’ER GMLRS, et le CTM-290 (290 km, soit environ 180 miles), analogue à l’ATACMS. Tous ces missiles utilisent un système de guidage combinant GPS et inertie.
Les analystes soulignent que l’Estonie bénéficiera d’une gamme de munitions légèrement plus étendue que celle acquise avec les six systèmes HIMARS américains en 2022. L’élément particulièrement intéressant réside dans le missile antinavire CTM-ASBM, une version modifiée du CTM-MR, dotée d’une ogive infrarouge et conçue pour frapper des navires en mer.
« Ce qui est particulièrement pertinent pour l’Estonie, c’est la possibilité d’utiliser un missile balistique antinavire avec une portée de 160 km et la capacité de lancer jusqu’à huit unités à partir d’un seul lanceur », explique Defence Express. « Cela permettrait d’atteindre des cibles clés comme la base navale russe de Kronstadt, située à seulement 110 km de la frontière estonienne. » La portée du CTM-ASBM permettrait également de frapper Saint-Pétersbourg et de bloquer les sorties de navires russes vers la mer Baltique.
Les experts estiment que, si un lanceur K239 Chunmoo était déployé en Lituanie, il pourrait également menacer les navires russes stationnés dans l’enclave de Kaliningrad et à Baltiisk, la principale base navale russe de la mer Baltique. Il est cependant souligné qu’il s’agit pour l’instant d’une hypothèse, et qu’aucune livraison directe de missiles CTM-ASBM à l’Estonie n’est prévue dans l’immédiat, bien que cette possibilité soit considérée comme souhaitable. Ces missiles ne sont pas destinés à remplacer les systèmes antinavires conventionnels, mais plutôt à les compléter.
Le contrat prévoit également la possibilité de commander des K239 Chunmoo supplémentaires à l’avenir, permettant à l’Estonie d’adapter ses capacités de défense en fonction de l’évolution de la situation géopolitique.