Publié le 9 octobre 2025 07h38. Steve Kroschel, propriétaire du Kroschel Films Wildlife Center en Alaska, a comparu par téléphone devant un tribunal dans le cadre d’une affaire de cruauté envers les animaux, alors que l’État cherche à récupérer des animaux laissés dans son établissement après sa fermeture.
- Steve Kroschel a été reconnu éligible à l’assistance juridique publique en raison de ses revenus nuls.
- L’État craint que Kroschel, qui envisage de demander l’asile, ne quitte les États-Unis et ne coopère pas à la récupération des animaux.
- Le Département de la pêche et de la faune de l’Alaska (ADF&G) demande à Kroschel de faciliter la récupération des animaux restants sur son site.
La première comparution téléphonique de Steve Kroschel devant le tribunal de Haines, mercredi dernier, a révélé des complications liées à son statut financier et à ses intentions de quitter le pays. Kroschel est accusé de multiples infractions liées à la cruauté envers les animaux, notamment des décès d’animaux jugés évitables en 2023 et 2024, ainsi que des accusations concernant les conditions de vie d’un ours brun saisi lors d’une perquisition le 26 juin dernier par les Alaska Wildlife Troopers.
Le magistrat Paul Korchin a déterminé que Kroschel répondait aux critères pour bénéficier d’un défenseur public, après que ce dernier ait déclaré ne percevoir aucun revenu suite à la révocation de son permis d’exploitation par le ministère américain de l’Agriculture (USDA) en août 2024 et à la fermeture consécutive de son parc animalier. Il a affirmé ne pas disposer d’actifs ou d’économies pour financer les services d’un avocat.
Un désaccord est survenu concernant les conditions de sa libération sous caution. Le procureur de l’État, Matthew Kaste, a plaidé pour la poursuite de l’enquête et la présence obligatoire de Kroschel en personne, citant des déclarations faites à la presse dans lesquelles Kroschel aurait exprimé son incapacité à retourner aux États-Unis, son intention de ne pas le faire et son intention de demander l’asile.
« Le tribunal n’aurait aucun moyen de faire respecter les conditions de libération fixées s’il n’est pas présent dans l’État. Il n’y a aucun moyen de le surveiller et de s’assurer qu’il se conforme aux ordonnances du tribunal. »
Matthew Kaste, procureur de l’État
Le défenseur public Nico Ambrose a contre-argumenté que Kroschel n’avait pas d’antécédents criminels et a remis en question la validité des accusations portées contre lui.
« M. Kroschel a répondu à cette convocation même s’il n’avait pas été officiellement notifié, ce qui, selon moi, est un bon indicateur de sa volonté de coopérer avec la justice et de rester en contact avec son avocat. »
Nico Ambrose, défenseur public
Le magistrat Korchin a finalement donné raison à Ambrose, estimant que Kroschel avait fait preuve de bonne foi en se présentant devant le tribunal. Il a fixé une caution de comparution non garantie de 5 000 $ (environ 4 600 €), qui ne serait exigible que si Kroschel ne se présentait pas aux audiences futures.
Kroschel s’est également vu interdire de s’occuper ou de contrôler des animaux en Alaska pendant la durée de la procédure judiciaire.
Parallèlement, Ryan Scott, directeur de la division de la faune de l’ADF&G, a adressé une lettre à Kroschel le 7 octobre, sollicitant son aide pour récupérer les animaux laissés dans son établissement lors de la perquisition de juin. Scott a souligné l’urgence de la situation, compte tenu des contraintes saisonnières et logistiques.
Selon l’ADF&G, une quinzaine d’animaux sont encore présents sur le site de Kroschel dans la vallée de Chilkat, dont cinq hermines, trois renards arctiques, trois martres, deux visons et un harfang des neiges. Kroschel et son équipe affirment qu’environ 20 animaux ont été laissés sur place. Plus d’informations sur la perquisition de l’ADF&G.
Scott a exprimé des doutes quant à la volonté de Kroschel – qui affirme se trouver actuellement à Ekaterinbourg, en Russie, et ne pas avoir l’intention de revenir pour le moment – de collaborer à la récupération des animaux.
« Si vous ne retournez pas à Haines, je vous encourage à autoriser le département à entamer des discussions avec le personnel sur place pour sécuriser les animaux restants. J’espère sincèrement que vous autoriserez volontairement le ministère à retirer les animaux restants. Dans le cas contraire, le ministère poursuivra les options juridiques disponibles pour accomplir le travail. »
Ryan Scott, directeur de la division de la faune de l’ADF&G
Kroschel a répondu par courriel, indiquant que son assistant, Patrick McMullin, aiderait l’État à récupérer les animaux. La prochaine audience de Kroschel est prévue le 28 octobre à 10 heures.
