L’euro a repris de la vigueur face au dollar américain, s’échangeant dans une fourchette de 1,1720 à 1,1750 après quatre jours de baisse. Cette remontée s’appuie sur un ensemble de facteurs, allant d’un affaiblissement du dollar à une réévaluation des perspectives de taux d’intérêt, dans un contexte de faible liquidité typique de la période des fêtes.
Les analystes soulignent que la zone de 1,1700 reste un seuil crucial. Tant que le cours de l’euro se maintient au-dessus de ce niveau, les acheteurs conservent le contrôle de la dynamique du marché. En dessous, la situation pourrait rapidement se dégrader.
La configuration actuelle est marquée par une compression des points de décision. Plusieurs niveaux de support clés sont regroupés sur une courte distance : la moyenne mobile exponentielle (EMA) à court terme à 1,1713 se situe juste au-dessus du plancher du canal de tendance actuel, vers 1,1710, tandis que l’EMA à 50 jours se trouve à 1,1648. Cette proximité signifie que le cours pourrait rebondir rapidement d’un niveau à l’autre, avec peu de volume d’échange.
L’indicateur de force relative (RSI) sur 14 jours, à 61,63, confirme cette tendance haussière. Un RSI supérieur à 60 suggère que les acheteurs défendent activement les baisses, ce qui indique une pression acheteuse persistante. D’autres analyses placent le RSI autour de 59, ce qui est cohérent avec une dynamique haussière, mais sans signe d’euphorie excessive.
Le contexte technique général est favorable : l’EUR/USD évolue toujours légèrement au-dessus d’un canal ascendant, ce qui maintient une orientation haussière tant que le plancher de ce canal est respecté. Pour les marchés en tendance, ce plancher n’est pas un simple support, mais plutôt une zone privilégiée pour initier de nouvelles positions d’achat.
Une rupture du canal pourrait signaler un changement de tendance plus profond, forçant les investisseurs à reconsidérer leurs positions et à se tourner vers des moyennes mobiles telles que l’EMA à 50 jours (1,1648) ou des niveaux de support plus bas. La pile de tendances à court terme reste constructive, avec l’EMA à neuf jours en hausse et au-dessus de l’EMA à 50 jours, ce qui renforce le biais haussier.
La zone de 1,1713 est particulièrement importante, car elle représente le bord avant d’une “ceinture de support” formée par les moyennes mobiles haussières et coïncide avec le plancher du canal. La convergence de ces deux indicateurs suggère une forte réaction du marché à ce niveau.
Les objectifs haussiers immédiats se situent autour de 1,1800, un niveau psychologique important qui correspond également au plus haut atteint le 16 décembre dernier (1,1804). Au-delà, le sommet du canal, vers 1,1860, et le plus haut depuis juin 2021, à 1,1918, pourraient être atteints si la dynamique haussière se maintient.
À l’inverse, les supports immédiats se situent à 1,1713 (EMA à neuf jours) et autour de 1,1710 (plancher du canal). Si ces niveaux tiennent, la tendance haussière reste intacte. Une rupture en dessous pourrait entraîner une baisse vers l’EMA à 50 jours (1,1648), qui servira de test pour déterminer si le mouvement est une simple correction ou le début d’un retournement.
D’autres niveaux de support sont identifiés à 1,1680, 1,1600 et 1,1550, tandis que les résistances se situent à 1,1770, 1,1830 et 1,1900. Ces niveaux s’inscrivent dans la même logique : la zone 1,1680-1,1710 représente la première ligne de défense, tandis que la zone 1,1830-1,1900 déterminera si la cassure se confirme ou s’arrête.
L’évolution du dollar américain, avec un glissement vers 98,60, influence également les perspectives de l’EUR/USD. Le marché anticipe la publication des chiffres du produit intérieur brut (PIB) américain du troisième trimestre, attendus à 3,8 % (contre 3,2 % précédemment). Dans un contexte de liquidité normale, cela pourrait entraîner un mouvement directionnel clair, mais la faible liquidité actuelle pourrait amplifier la volatilité.
Les attentes concernant la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) jouent également un rôle. Les marchés estiment qu’il y a 79 % de chances que la Fed maintienne ses taux inchangés en janvier, et 21 % de chances d’une baisse de 25 points de base. Cette configuration limite la hausse du dollar, car elle maintient le marché dans une attitude d’attente et de réévaluation.
Enfin, le ralentissement de l’inflation aux États-Unis est un facteur négatif pour le dollar. L’indice des prix à la consommation (IPC) global a été de 2,7 % en glissement annuel en novembre, en baisse par rapport aux 3,0 % d’octobre, et l’IPC de base a été de 2,6 %, contre 3,0 %. Ces chiffres ont entraîné une baisse du dollar et une hausse de l’euro et de la livre sterling.
La confiance des consommateurs, mesurée par l’indice de l’Université du Michigan à 52,9 en décembre, et les attentes d’inflation à 4,2 %, contribuent également à cette dynamique. Une confiance fragile et des attentes d’inflation élevées créent de l’incertitude, ce qui tend à affaiblir le dollar.
La livre sterling (GBP/USD), qui se maintient autour de 1,3415 dans un canal ascendant, confirme cette tendance à la faiblesse du dollar. En résumé, la dynamique, la structure technique et les conditions du marché du dollar soutiennent toutes une hausse de l’euro. Le seuil de 1,1710-1,1713 reste le niveau clé à surveiller.
