Home Technologie et scienceL’Europe envisage de rendre WhatsApp plus responsable de la lutte contre les contenus préjudiciables

L’Europe envisage de rendre WhatsApp plus responsable de la lutte contre les contenus préjudiciables

by Thomas Caron

Publié le 9 janvier 2025 17h09:00. La Commission européenne pourrait désigner WhatsApp comme une « très grande plateforme en ligne » (VLOP), ce qui impliquerait des obligations renforcées en matière de modération des contenus. Cette décision intervient alors que l’UE enquête également sur Meta, la société mère de WhatsApp, concernant ses pratiques antitrust liées à l’intelligence artificielle.

  • La Commission européenne envisage de qualifier WhatsApp de VLOP en raison du dépassement du seuil d’utilisateurs fixé par la loi sur les services numériques (DSA).
  • Une telle désignation obligerait WhatsApp à mettre en œuvre des évaluations de risques et des mesures plus strictes pour supprimer les contenus illégaux et préjudiciables.
  • L’UE a lancé une enquête antitrust contre Meta pour avoir limité l’accès des fournisseurs tiers d’IA à WhatsApp Business, favorisant ainsi son propre assistant IA, Meta AI.

La Commission européenne pourrait donc imposer à WhatsApp des règles plus contraignantes en matière de lutte contre les contenus illégaux et préjudiciables. Cette évolution fait suite à l’annonce, en février 2025, par la société que le nombre de ses utilisateurs avait officiellement dépassé le seuil requis par la loi sur les services numériques (DSA). La désignation de WhatsApp comme VLOP, selon un porte-parole de la Commission, Thomas Regnier, n’est pas exclue.

« Je n’exclus pas une future désignation. »

Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne

Cette annonce intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les régulateurs européens et les géants de la technologie. Parallèlement, l’UE examine les pratiques de Meta concernant l’accès à WhatsApp Business pour les développeurs d’intelligence artificielle. Le mois dernier, une enquête antitrust a été ouverte suite à la décision de Meta de restreindre l’utilisation de ses outils commerciaux par les entreprises dont le cœur de métier est l’IA, tout en continuant à intégrer pleinement son propre assistant, Meta AI.

Teresa Ribera, responsable de la lutte antitrust au sein de l’UE, a souligné la nécessité d’empêcher les grandes entreprises technologiques d’étouffer l’innovation.

« Il faut empêcher les géants de la technologie d’« évincer » l’innovation. »

Teresa Ribera, responsable de la lutte antitrust de l’UE

Meta a défendu sa position, arguant que les chatbots IA massifs peuvent surcharger les systèmes non conçus pour les gérer et que le marché de l’IA reste concurrentiel. L’entreprise n’a, à ce jour, pas manifesté d’intention de modifier sa politique, malgré une date limite fixée au 15 janvier. L’enquête de la Commission européenne couvre l’ensemble de l’Espace économique européen (EEE), à l’exception de l’Italie, où une enquête similaire est menée par les autorités locales.

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