Publié le 23 novembre 2025 à 18h16. Morgan Geyser, l’une des jeunes filles impliquées dans la tristement célèbre agression au couteau de 2014 inspirée par le personnage de Slender Man, est en fuite après s’être échappée d’une maison d’accueil dans le Wisconsin. Son évasion relance les inquiétudes quant à la sécurité publique et soulève des questions sur la gestion des personnes souffrant de troubles mentaux.
- Morgan Geyser, 23 ans, s’est enfuie d’une maison d’accueil à Sun Prairie, dans le Wisconsin, après avoir sectionné son bracelet de surveillance électronique.
- Elle avait été libérée conditionnellement d’un établissement psychiatrique plus tôt cette année, après avoir purgé une partie de sa peine de 40 ans.
- L’évasion intervient après que la mère de la victime, Peyton Leutner, ait exprimé des préoccupations quant à la proximité de la maison d’accueil avec sa fille.
Les autorités sont à la recherche de Morgan Geyser, qui a été aperçue pour la dernière fois en compagnie d’un adulte connu. L’évasion a été signalée samedi soir et les recherches se poursuivent dimanche matin. Geyser souffre de schizophrénie et avait été reconnue coupable, mais non responsable en raison de maladie mentale, pour son rôle dans l’agression de Peyton Leutner en 2014.
Il y a plus de dix ans, Morgan Geyser et Anissa Weier ont attiré leur amie Peyton Leutner dans les bois de Waukesha lors d’une soirée pyjama. Elles l’ont poignardée à 19 reprises, motivées par leur croyance en l’existence de Slender Man, un personnage fictif issu d’une légende internet. Geyser a porté les coups de couteau tandis que Weier encourageait l’acte. Peyton Leutner a miraculeusement survécu, réussissant à ramper hors des bois où elle a été retrouvée par un cycliste.
Les deux jeunes filles avaient conspiré pendant des mois pour commettre cet acte violent, convaincues qu’il s’agissait d’un sacrifice nécessaire pour satisfaire Slender Man. Elles ont été jugées devant un tribunal pour adultes et accusées de tentative de meurtre au premier degré.
Anissa Weier avait plaidé coupable d’une accusation moindre, tentative de meurtre intentionnel au deuxième degré, mais a été déclarée non coupable pour cause de maladie mentale en 2017. Elle a été condamnée à 25 ans d’internement dans un hôpital psychiatrique, mais libérée en 2021 après avoir accepté de vivre avec son père et de porter un dispositif de suivi GPS. Elle a été libérée de cette surveillance deux ans plus tard.
Geyser, diagnostiquée schizophrène, avait plaidé coupable de tentative de meurtre au premier degré, mais a été reconnue coupable mais non responsable en raison de maladie mentale en 2018. Le juge Michael Bohren, à la retraite, l’avait initialement internée dans un hôpital psychiatrique pour 40 ans, une peine qu’elle n’a purgée qu’à environ 25 pour cent.
En janvier, le juge Bohren avait autorisé sa libération après que trois experts aient témoigné de ses progrès dans la gestion de sa maladie mentale. Lors de cette même audience, Geyser s’est révélée transgenre, bien que les pronoms féminins aient été maintenus pour des raisons de cohérence judiciaire, selon le Dr Brooke Lundbohm, qui l’a évaluée en psychologie.
Le Dr Kenneth Robbins avait alors affirmé que Geyser ne présentait plus de symptômes psychotiques, qui avaient été considérés comme un facteur majeur dans l’agression. L’équipe de traitement du Dr Lundbohm était arrivée à la même conclusion.
Lors de l’audience, le Dr Robbins avait déclaré :
« Je pense que soit elle souffrait de symptômes psychotiques transitoires, c’est-à-dire des symptômes psychotiques qui n’ont pas persisté et ont progressivement disparu, soit l’intensité de ses fantasmes basés sur certains des traumatismes qu’elle avait vécus était si intense qu’elle les croyait vrais. »
Dr. Kenneth Robbins
Le traumatisme auquel le Dr Robbins faisait référence concernait des allégations d’abus sexuels subis par Geyser de la part de son père, décédé en 2023. Le père de Geyser aurait également été diagnostiqué schizophrène, selon Stacie Leutner.
Les symptômes de Geyser correspondaient davantage à un trouble de stress post-traumatique, à de l’anxiété et à de l’autisme, a ajouté le Dr Robbins.
Bien que le juge ait accepté la libération de Geyser, réduisant ainsi sa peine d’environ trente ans, le plan initial a dû être revu. En mars, les procureurs ont rejeté la proposition de réintégration de Geyser dans la société après que la mère de Leutner, Stacie, ait exprimé son inquiétude quant à la proximité de la maison d’accueil avec sa fille (à seulement 13 kilomètres). Le juge a ensuite ordonné au ministère des Services de santé d’élaborer un nouveau plan, qui a été approuvé en juillet.