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L’ICE arrête des conjoints de militaires lors d’entretiens avec la carte verte à San Diego – NBC 7 San Diego

Des épouses de militaires américains, dont certains anciens combattants, ont été interpellées par les services de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) à San Diego, en Californie, après des entretiens pour l'obtention de leur carte verte. Ces arrestations, qui…

L’ICE arrête des conjoints de militaires lors d’entretiens avec la carte verte à San Diego – NBC 7 San Diego

Des épouses de militaires américains, dont certains anciens combattants, ont été interpellées par les services de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) à San Diego, en Californie, après des entretiens pour l’obtention de leur carte verte. Ces arrestations, qui ont débuté le 12 novembre, suscitent l’inquiétude et le sentiment de trahison chez les personnes concernées et leurs familles.

Samuel Shasteen, un sergent d’état-major retraité de l’armée américaine après 20 ans de service, dont deux affectations en Afghanistan, témoigne d’un profond sentiment d’injustice. Il raconte avoir rencontré Chanidaphon Sopimpa, sa femme actuelle, après le décès de sa première épouse en 2022. Ils se sont mariés deux ans plus tard, après que leurs enfants aient accepté cette nouvelle union.

« Pour être honnête, je me sens en quelque sorte trahi », confie-t-il. « Nous faisons tout ce que nous pouvons pour protéger et servir notre pays. Et puis ils nous trahissent en nous traitant comme si nous n’avions jamais rien fait. »

Le 18 novembre, alors que le couple pensait avoir franchi l’étape finale de la procédure d’immigration avec un entretien réussi auprès des services de citoyenneté et d’immigration des États-Unis (USCIS), des agents de l’ICE sont intervenus. Chanidaphon Sopimpa a été menottée et emmenée en pleurant, selon le témoignage de Shasteen.

L’ICE justifie ces arrestations par le fait que les personnes interpellées sont en violation de la loi américaine sur l’immigration, précisant que toute personne en situation irrégulière peut être arrêtée et expulsée. Dans un communiqué, l’agence souligne qu’elle applique la loi sur l’immigration sans tenir compte des antécédents criminels et que la simple présence illégale constitue une infraction fédérale.

Cependant, plusieurs avocats spécialisés en droit de l’immigration s’étonnent de cette nouvelle approche. Derek Poulsen, l’avocat de Shasteen, estime que le dossier de son client est simple et aurait dû être approuvé sans difficulté. « À tout autre moment de l’histoire des États-Unis, cela aurait été approuvé », affirme-t-il.

William Menard, un autre avocat spécialisé en droit de l’immigration, relate le cas d’un de ses clients, l’épouse australienne d’un ancien marin, arrêtée le même jour et de la même manière. « Il a déployé beaucoup d’efforts pour représenter ce pays et nous avons tout fait de la bonne manière », explique-t-il, ajoutant que son client lui a exprimé son incompréhension face à cette situation : « J’ai servi le pays, et c’est ce que j’obtiens. »

Une lueur d’espoir est apparue mercredi pour le couple australien : un juge de l’immigration a ordonné la libération sous caution de l’épouse. Des lettres de soutien ont été présentées au juge, soulignant l’admiration de l’intéressée pour les valeurs américaines et son engagement envers son mari, un ancien combattant.

Shasteen, quant à lui, a créé un groupe de soutien pour les personnes se trouvant dans une situation similaire. Il compare cette expérience à celle qu’il a vécue avec ses camarades Marines en Afghanistan : « Vous savez, nous sommes là pour combattre l’ennemi, et nous nous rassemblons, peu importe d’où nous venons, et combattons. » Il déplore également la méthode employée par l’ICE, lui ayant remis une carte de visite avec un code QR qu’il décrit comme de la « propagande ». Il s’interroge sur le fait que les services d’immigration connaissent son passé militaire, renseigné lors du dépôt des dossiers, et se demande pourquoi ils agissent de la sorte.

Son fils, profondément affecté par l’arrestation de sa belle-mère, a même refusé de rentrer chez lui, évoquant le souvenir douloureux du décès de sa mère. « Il m’a envoyé un texto pour me dire : ‘Papa, je suis désolé, je ne suis pas rentré à la maison’ », raconte Shasteen, désemparé. « Et il m’a dit ce que cela lui rappelait, c’est-à-dire le décès de sa mère, et il ne voulait pas être dans une maison vide sans elle. »

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.