Selon l’autobilan de Google concernant son IA Gemini, un prompt équivaut à cinq gouttes d’eau et à une minute de consommation d’une ampoule de 15 watts. À l’échelle mondiale, l’Agence pour la transition énergétique (Ademe) rappelle que les centres de données mobilisent des entrepôts de plusieurs hectares et des puces à 50 000 dollars, posant un défi environnemental croissant.
Les chiffres de consommation de Google, OpenAI et Anthropic
Pour Google, l’addition de tous les prompts des utilisateurs en 2024 représentait l’équivalent de 12 000 piscines olympiques ainsi que la consommation électrique annuelle de l’Irlande, d’après les données publiées par l’entreprise selon Sudouest. Sam Altman, PDG d’OpenAI, a avancé en juillet 2025 un ordre de grandeur d’environ 0,34 Wh par prompt pour ChatGPT, soit l’équivalent d’une ampoule LED allumée pendant deux minutes ou d’une minute de charge de smartphone. Multiplié par 2,6 milliards de requêtes quotidiennes, cela correspond à la consommation électrique journalière de 145 000 personnes en France selon Sudouest. Concernant l’eau, une étude de l’université de Californie estime la dépense entre 5 ml et 50 ml par prompt pour ChatGPT selon Sudouest.
Du côté d’Anthropic, qui ne communique ni sur le coût énergétique de ses data centers ni sur son volume de requêtes, des études indépendantes estiment que ses modèles les plus légers consomment entre 0,15 et 0,25 Wh par prompt. Les modèles phares atteignent 0,8 Wh à 2,8 Wh, tandis que les requêtes les plus complexes montent de 5 à 17 Wh selon Sudouest. Pour Mistral, la consommation électrique s’élève de 0,4 à 1 Wh par prompt sur Mistral Large 2 et reste sous les 0,2 Wh pour les petits modèles, avec environ 45 ml d’eau nécessaires pour une réponse longue selon Sudouest.
La transparence et l’origine géographique de l’électricité
L’Ademe pointe le manque de transparence de la plupart des évaluations fournies par les acteurs du secteur, qui utilisent des méthodes divergentes et éludent souvent la fabrication des équipements selon Sudouest. Mistral se distingue en ayant publié une analyse de cycle de vie transparente intégrant la fabrication, la fin de vie des équipements, l’entraînement et l’utilisation selon Sudouest.
L’impact environnemental varie également selon la localisation des infrastructures et la source d’énergie mobilisée. La France alimente ses centres de données avec une électricité décarbonée issue du nucléaire, tandis qu’aux États-Unis, certains industriels raccordent directement des centrales à gaz à leurs data centers selon Sudouest.
Les recommandations de l’Ademe pour limiter l’impact
Face à cette empreinte croissante, l’Ademe indique que si la responsabilité individuelle ne résout pas tout, certains réflexes permettent de modérer l’usage selon Sudouest. Une requête adressée à une intelligence artificielle s’avère plus énergivore qu’une recherche classique sur un moteur de recherche traditionnel selon Sudouest.
L’agence conseille ainsi de s’interroger sur la nécessité réelle de recourir à l’IA générative, de privilégier un modèle adapté au besoin plutôt que les grands modèles de langage généralistes les plus puissants, et de formuler des requêtes précises pour éviter les allers-retours correctifs tout en spécifiant la longueur ou la qualité souhaitée selon Sudouest.