Washington – L’intervention américaine au Venezuela pourrait s’étendre sur plusieurs années, a déclaré le président Donald Trump, après l’opération qui a conduit à la destitution de Nicolás Maduro. L’avenir politique et économique du pays, riche en pétrole, reste incertain, malgré les promesses d’une transition rapide vers la démocratie.
Dans un entretien accordé au New York Times, Donald Trump a affirmé que son administration « supervisera » la situation au Venezuela, sans toutefois préciser de calendrier pour l’organisation d’élections ou la mise en place d’un gouvernement de transition. Il a souligné que « seul le temps nous dira » combien de temps cet engagement durera.
L’éviction de Maduro a été saluée par l’opposition vénézuélienne comme un « processus irréversible » vers la liberté. María Corina Machado, figure de proue de l’opposition, a insisté sur la nécessité d’une transition rapide, affirmant que le gouvernement intérimaire actuel, dirigé par Delcy Rodríguez, devait être démantelé. « Nous espérons que cette nouvelle phase du processus de transition sera aussi courte et rapide que possible », a-t-elle déclaré dans une interview au site d’information vénézuélien La Patilla.
Cependant, Trump s’est montré réservé quant à la capacité de Machado à diriger le pays, estimant qu’elle manquait de « respect » et de soutien populaire. « Je pense que ce serait très difficile pour elle d’être leader », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, le président américain a annoncé que les États-Unis prendraient le contrôle des ventes de pétrole vénézuélien, actuellement soumises à des sanctions. Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a justifié cette décision par la nécessité d’exercer un levier sur le gouvernement intérimaire de Caracas. Trump a affirmé que son administration « prendrait du pétrole » au Venezuela, qui possède les plus importantes réserves prouvées au monde (plus de 303,8 milliards de barils), tout en reconnaissant qu’il faudrait du temps pour relancer l’industrie pétrolière du pays, en déclin depuis des années en raison de la mauvaise gestion et des sanctions.
Selon le New York Times, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, est en « communication constante » avec Delcy Rodríguez, désignée par la Cour suprême vénézuélienne, dominée par les partisans de Maduro, comme dirigeante par intérim. Trump a précisé que Rodríguez « nous donne tout ce que nous jugeons nécessaire ».
Le gouvernement intérimaire avait précédemment accepté d’utiliser les revenus de la vente de son pétrole pour acheter exclusivement des produits fabriqués aux États-Unis.
De nombreux analystes s’attendaient à un retour rapide au Venezuela des dirigeants de l’opposition, notamment Edmundo González et María Corina Machado. González, qui a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle de 2024 par les décomptes de l’opposition, s’est exilé pour échapper à la répression gouvernementale. Machado, après s’être vu interdire de se présenter à la présidence, a soutenu González comme son mandataire et a récemment reçu le prix Nobel de la paix pour son « travail infatigable en faveur des droits démocratiques » au Venezuela.
La Maison Blanche a prévu une réunion vendredi entre Donald Trump et des représentants de trois grandes compagnies pétrolières américaines pour discuter plus en détail des projets américains au Venezuela. Trump a déclaré que les États-Unis « reconstruiront » le pays « de manière très rentable », en utilisant le pétrole vénézuélien pour faire baisser les prix et « donner de l’argent au Venezuela, dont il a désespérément besoin ».
Par ailleurs, la députée républicaine María Elvira Salazar a appelé à la libération « immédiate » des plus de 800 prisonniers politiques détenus dans les prisons vénézuéliennes.