Le Lincoln Center Contemporary Dance Festival a clôturé ses derniers programmes de la saison 2026 en misant sur deux figures de proue de la scène mondiale : Rachid Ouramdane et Akram Khan. Intégré à la programmation « Summer for the City », l’événement, qui s’est déroulé du 10 juin au 8 août 2026, a proposé des performances gratuites ou à prix libre, marquant un tournant après avoir initialement privilégié des artistes internationaux moins connus.
L’esthétique du torsion et du jazz avec « Tordre »
Dix ans après sa première présentation à New York, l’œuvre « Tordre » du chorégraphe franco-algérien Rachid Ouramdane a retrouvé le devant de la scène. Portée par les danseuses Annie Hanauer et Lora Juodkaite, la pièce s’articule autour d’une alternance de solos rythmés par une musique de basse.
Le contraste est frappant. Lora Juodkaite explore le mouvement de torsion, tandis qu’Annie Hanauer, dont l’un des bras est prosthétique, impose une approche plus saccadée. Le spectacle atteint son apogée lors des rotations rapides de Juodkaite : des spins exécutés sans point de repère, exacerbant l’effet de force centrifuge. Pour clore la performance, le duo a basculé vers une routine jazz sur le titre « Don’t Rain on My Parade », un clin d’œil direct à l’esthétique cinématographique de Jacques Demy.
Le clap de fin d’Akram Khan pour sa compagnie
Le festival a également mis en lumière le travail d’Akram Khan. Le chorégraphe britannico-bangladais, formé au kathak — danse classique indienne —, a présenté « Thikra: Night of Remembering ».
L’enjeu de cette pièce dépasse la simple performance. Akram Khan a déclaré que « Thikra » serait la dernière œuvre créée pour sa compagnie. Ce retrait intervient après une phase où ses productions étaient jugées trop tournées vers le spectacle et la sentimentalité, une tendance qu’il avait commencé à infléchir avec son travail précédent, « Gigenis », marquant un retour à la discipline classique.
Cinq ans d’accessibilité culturelle à New York
Ce festival s’insère dans le cadre de « Summer for the City », une initiative qui célèbre sa cinquième année. L’objectif est clair : ouvrir l’art au grand public et aux touristes via des centaines de représentations.
À travers ces choix, le Lincoln Center entend renforcer le rayonnement culturel mondial de New York en tissant des liens entre diverses communautés créatives internationales.
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