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L’Indonésie: part d’énergies renouvelables à 18,3 % en 2026, inégalité persiste

L'Indonésie a vu sa part d'énergies renouvelables grimper à 18,3 % au premier trimestre 2026, portée par l'hydroélectricité et la biomasse. Cependant, malgré ce progrès national, des villages comme Muara Enggelam illustrent un fossé persistant entre les ambitions…

L'accélération de la part des énergies renouvelables en 2026

L’Indonésie a vu sa part d’énergies renouvelables grimper à 18,3 % au premier trimestre 2026, portée par l’hydroélectricité et la biomasse. Cependant, malgré ce progrès national, des villages comme Muara Enggelam illustrent un fossé persistant entre les ambitions de transition énergétique et la réalité de l’inégalité d’accès dans les zones rurales reculées.

L’accélération de la part des énergies renouvelables en 2026

L'accélération de la part des énergies renouvelables en 2026
Indonésie
Le paysage énergétique de la plus grande économie d’Asie du Sud-Est connaît une mutation structurelle. Selon les données du ministère de l’Énergie et des Ressources minérales, la part des énergies renouvelables dans le mix national a atteint 18,3 % au premier trimestre 2026, contre 15,75 % en 2025. Cette progression s’inscrit dans le cadre du plan stratégique 2025-2029, qui vise une contribution des énergies propres située entre 17 % et 21 % pour l’année en cours. La répartition de cette mixité énergétique montre une domination des ressources hydrauliques et de la biomasse. La Direction générale de la nouvelle énergie et de la conservation de l’énergie a précisé que le secteur de l’électricité a fourni 9,75 points de pourcentage du mix renouvelable, tandis que les usages non électriques ont contribué à hauteur de 8,55 points.
Source d’énergie (Secteur électrique) Contribution au mix (%)
Hydraulique 3,59
Biomasse 3,27
Géothermie 1,91
Solaire 0,51
Éolien 0,06
Autres sources 0,41
Dans le secteur non électrique, le biodiesel dérivé de l’ester méthylique d’acide gras (FAME) joue un rôle prépondérant avec 5,38 points de pourcentage, suivi par l’utilisation de la biomasse à 2,91 points. L’objectif à long terme reste ambitieux : le gouvernement prévoit d’atteindre 23 % d’énergies renouvelables d’ici 2030 et vise une part de 46 % d’ici 2045.

L’impact socio-économique du solaire à Muara Enggelam

Si les chiffres macroéconomiques sont encourageants, la réalité du terrain à Muara Enggelam, dans le Kalimantan oriental, offre un visage plus humain de cette transition. Dans ce village situé au-dessus de l’eau, l’arrivée de l’énergie solaire en 2015 a agi comme un puissant levier de développement pour les femmes entrepreneures. Pour Asniah, une mère de trois enfants, l’accès à une électricité disponible 24 heures sur 24 a permis de transformer une activité domestique en une véritable entreprise de production de crackers de poisson (amplang). L’abandon des générateurs diesel, coûteux et capricieux, a radicalement changé sa productivité.

« Utiliser un mixeur était un peu inquiétant, car le carburant s’épuisait rapidement. Un litre [de diesel] ne durait pas une heure — maintenant, c’est beaucoup plus pratique. »
Asniah, via <a href="https://news.mongabay.

L'impact socio-économique du solaire à Muara Enggelam
cluster (priority): GIZ
Le mix électrique, la part des énergies renouvelables, la place de l'effacement électrique en France
Cette gestion de l’énergie est également un vecteur d’émancipation politique. L’infrastructure solaire du village est administrée par une entreprise détenue par la communauté, la BUMDes, dirigée par Jam’ah. Cette situation est notable dans un pays où, selon les estimations du Programme des Nations Unies pour le développement, les femmes occupent moins de 5 % des postes de gestionnaires énergétiques.

« Utiliser un générateur était coûteux, c’est pourquoi si peu de gens commençaient des entreprises. L’énergie solaire a été un soulagement pour les gens.

Le paradoxe entre potentiel technologique et déclin rural

Le paradoxe entre potentiel technologique et déclin rural
cluster (priority): Petromindo
Pourtant, l’exemple de Muara Enggelam reste une exception dans un contexte de fragilité croissante pour d’autres zones isolées. Un rapport de 2026 publié par les ONG Celios et Greenpeace révèle une tendance alarmante : le nombre de villages et de sous-districts utilisant au moins une partie de l’énergie solaire domestique a chuté de 26,4 % entre 2021 et 2024. Ce recul s’explique par des obstacles structurels persistants, notamment la pénurie de techniciens locaux, des capacités de production limitées et le maintien de subventions gouvernementales sur les combustibles fossiles qui favorisent les sources d’énergie traditionnelles. Bien que le taux d’électrification national atteigne 99 %, des centaines de milliers de foyers sur les îles reculées de l’archipel sont toujours privés d’électricité. L’écart entre les ressources disponibles et leur exploitation réelle est vertigineux. Lors d’un récent panel organisé par le GIZ Energy Programme Indonesia, il a été rappelé que le potentiel solaire technique de l’Indonésie est estimé à environ 3 294 GW. Pourtant, en mars 2026, la capacité installée et utilisée ne s’élevait qu’à environ 1,6 GW.

Les défis systémiques de la feuille de route Net Zero 2060

La transition énergétique de l’Indonésie ne peut se limiter à une simple augmentation des capacités de production. Comme l’ont souligné les experts lors de la discussion « Du soleil au système : renforcer l’avenir énergétique de l’Indonésie », le pays doit impérativement développer un système énergétique résilient, flexible et intégré. Pour respecter sa feuille de route de neutralité carbone (Net Zero Emission) d’ici 2060, Jakarta doit orchestrer une mutation complexe qui inclut :

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.