Xenia Fedorova, ancienne directrice de RT France, s’est imposée depuis début 2025 comme une figure centrale sur CNews. Accusée par certains élus d’être une propagandiste du Kremlin, elle diffuse des narratifs russes sur le conflit ukrainien, bénéficiant d’un soutien marqué et d’une visibilité privilégiée au sein de l’empire médiatique de Vincent Bolloré.
Le transfert de RT France vers le plateau de CNews
Le parcours de Xenia Fedorova illustre une mutation stratégique de la communication russe en France. À la tête de RT France, elle dirigeait une équipe de journalistes français avec une obsession précise : le profilage des intervenants. Selon des informations rapportées par Politico, Fedorova veillait scrupuleusement à ce que les invités, notamment lors des débats sur le Brexit, soient des profils défendant activement la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. L’arrêt des activités de RT en France suite à l’invasion de l’Ukraine n’a pas marqué la fin de son influence. Au contraire, elle a trouvé un nouveau relais. Depuis son arrivée sur CNews début 2025, elle est devenue un visage familier, commentant avec régularité la guerre en Ukraine, le conflit au Moyen-Orient et ce qu’elle qualifie de bellicisme européen. Cette transition ne s’est pas faite sans susciter de vives réactions. André Lange, fondateur du Comité Diderot, souligne l’accueil quasi royal réservé à l’ancienne patronne de RT sur la chaîne d’information. André Lange, fondateur et animateur du Comité Diderot L’enjeu dépasse la simple présence d’une chroniqueuse. Pour ses détracteurs, le problème réside dans l’absence de contradicteurs face à ses analyses, lui octroyant un statut à part qui transforme le plateau de télévision en une caisse de résonance pour des thèses étrangères.L’écosystème Bolloré et la publication de ‘Bannie’
L’intégration de Fedorova dans la sphère d’influence de Vincent Bolloré ne s’est pas limitée aux antennes de CNews. Elle s’est étendue à l’édition avec la parution de son livre, Bannie, en mars 2025 chez Fayard, maison d’édition appartenant également au milliardaire. Dans cet ouvrage, Fedorova reprend scrupuleusement les éléments de langage du Kremlin. Comme le rapporte L’Express, elle évite soigneusement le terme de guerre pour parler d’une « opération militaire » et vante la « dénazification » en cours. Elle y décrit le conflit ukrainien comme étant « le conflit actuel en Ukraine, souvent présenté à l’international comme une agression de la Russie ». Cette convergence discursive se retrouve également chez les animateurs vedettes de la chaîne. Pascal Praud a ainsi relayé la thèse selon laquelle l’expansion vers l’Est de l’OTAN serait la cause réelle du conflit, suggérant que la Russie n’était pas l’agresseur en février 2022. Cette synergie entre l’auteur et l’animateur crée un environnement où le narratif russe est non seulement présenté, mais validé.L’échec des régulations et le combat de Valérie Hayer
Face à cette situation, des initiatives politiques ont tenté de mobiliser le régulateur de l’audiovisuel. Valérie Hayer, présidente du groupe Renew au Parlement européen, a saisi l’Arcom pour dénoncer la propagation de propagande d’un État soumis à des sanctions européennes.« Depuis des années, Xenia Fedorova propage la propagande d’un Etat, la Russie, soumis à des sanctions européennes.
- 730 000 vues sur X pour une vidéo du maire de Cannes, David Lisnard, raillant les critiques de l’empire Bolloré.
- 219 000 vues pour le post documenté de Valérie Hayer dénonçant le rôle de propagandiste de Xenia Fedorova.
Un titre de séjour et l’ombre des ingérences étrangères

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