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l’inspection met en garde contre les bus de fête dangereux

by Nicolas Lefèvre

Publié le 24 décembre 2025 à 20h13. Des bus transformés en discothèque itinérante, où passagers dansent et consomment de l’alcool, suscitent l’inquiétude des autorités néerlandaises quant à la sécurité routière.

  • L’Inspection de l’environnement humain et des transports (ILT) et Royal Dutch Transport (KNV) mettent en garde contre les dangers de ces “bus de fête”.
  • Il n’existe actuellement aucune réglementation spécifique pour ces véhicules, qui doivent se conformer aux règles des bus classiques, mais leur application s’avère difficile.
  • Des témoignages révèlent des pratiques potentiellement dangereuses, comme l’absence de sièges ou la consommation d’alcool en roulant.

La prolifération des “bus de fête” – des autocars aménagés en discothèque mobile avec jeux de lumière et musique forte – inquiète les autorités néerlandaises. L’Inspection de l’environnement humain et des transports (ILT) et l’organisation professionnelle Royal Dutch Transport (KNV) tirent la sonnette d’alarme face aux risques encourus par les passagers et les autres usagers de la route.

Selon un porte-parole de l’ILT, les situations peuvent rapidement devenir dangereuses.

« Si le conducteur doit freiner brusquement, cela peut entraîner des blessures. Les passagers sont debout dans le bus et leur temps de réaction peut être réduit. Un bus de fête peut également déranger ou mettre en danger les autres usagers de la route avec des lumières disco et de la musique forte. »

Porte-parole de l’ILT

L’ILT souhaite l’instauration de règles plus strictes concernant ces bus. Le KNV estime, quant à lui, que les réglementations existantes doivent être plus rigoureusement appliquées. Actuellement, les “bus de fête” sont soumis aux mêmes règles que les bus classiques. Cela implique notamment que le propriétaire et le chauffeur sont responsables de la sécurité des passagers.

Dans les bus pouvant atteindre une vitesse maximale de 100 kilomètres par heure, les passagers doivent obligatoirement être assis et porter leur ceinture de sécurité pendant le trajet. Le conducteur est tenu de le rappeler. Pour les bus limités à 80 kilomètres par heure, il est possible de rester debout uniquement si des places debout sont spécifiées sur le certificat d’immatriculation. Cependant,

« Danser et boire en conduisant n’est en aucun cas autorisé, même si des places debout sont désignées. »

Fred Teeven, président du KNV

Des témoignages recueillis par NOS Stories révèlent que de nombreux jeunes, dont certains mineurs, ont voyagé dans des bus de fête où le chauffeur autorisait les passagers à se tenir debout ou à danser. Certains véhicules n’étaient même pas équipés de sièges et circulaient malgré tout sur l’autoroute.

Contactées par NOS, plusieurs compagnies de bus de fête ont affirmé respecter les réglementations en vigueur concernant les sièges et les ceintures de sécurité. Cependant, certaines ont refusé de recevoir des journalistes, craignant de révéler des infractions.

Le KNV pointe du doigt les “véhicules individuels” – souvent des bus urbains transformés – qui circulent à 80 kilomètres par heure et qui ne disposent pas toujours des autorisations nécessaires.

« Il y a des véhicules dont les sièges ont été retirés, où les gens sont debout ou dansent, et parfois de l’alcool est vendu. Des mesures doivent être prises contre ce type de “lieux de fête” mobiles, car cela n’est tout simplement pas compatible avec un transport de passagers sûr. »

Fred Teeven, président du KNV

Il souhaiterait même l’interdiction totale des places debout dans ces bus.

L’ILT reconnaît la difficulté de faire respecter les règles à bord de ces bus. La police peut uniquement vérifier la présence de places debout sur le certificat d’immatriculation, mais ces contrôles sont rarement effectués.

Il est également interdit de causer une nuisance aux autres usagers de la route, notamment par des installations sonores ou lumineuses visibles et audibles à l’extérieur du bus, ou par les mouvements des passagers qui dansent. L’ILT estime toutefois qu’il est “extrêmement difficile en pratique” de prouver de telles infractions.

Les bus de fête examinés par NOS Stories étaient généralement équipés de musique forte et d’un éclairage disco. Les passagers consommaient souvent de l’alcool qu’ils avaient apporté avec eux, et certains bus proposaient même de l’alcool à la vente.

Des témoignages font également état de la présence de cendriers, de cigarettes, de drogues, voire de poteaux de danse. Les passagers rapportent également que le bus effectuait des mouvements brusques lors de la diffusion de certaines chansons.

Dans certains cas, un éclairage disco était installé à l’extérieur du bus, ou un incendie s’est déclaré sur le toit. Une compagnie de bus de fête interrogée a précisé qu’elle n’allumait le feu que lorsque le bus était à l’arrêt.

Malgré les avertissements de l’ILT et du KNV, la majorité des jeunes interrogés par NOS Stories se sont déclarés se sentant en sécurité à bord des bus de fête. Certains ont admis ne pas y avoir prêté attention, étant donné leur état d’ébriété. La plupart considèrent cette expérience comme amusante et agréable.

Cependant, plusieurs dizaines de passagers ont signalé avoir eu peur en raison de la vitesse excessive du conducteur, de freinages brusques, ou du manque de stabilité du bus. D’autres ont évoqué un manque de place et des mouvements brusques lors de la diffusion de certaines chansons.

Le KNV souligne que les personnes qui réservent un bus de fête ignorent souvent les dangers potentiels. Le ministère de l’Infrastructure et de la Gestion de l’eau a annoncé qu’il étudiait la possibilité de modifier la réglementation concernant les bus de fête.

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