Home AffairesL’intégration des dettes professionnelles dans le surendettement des particuliers. Par Joan Dray, Avocat.

L’intégration des dettes professionnelles dans le surendettement des particuliers. Par Joan Dray, Avocat.

by Amélie Bernard

Publié le 16 décembre 2025 18:41:00. La Cour de cassation a rappelé avec force que les dettes professionnelles doivent désormais être intégrées dans l’évaluation du surendettement, une évolution majeure issue de la loi de février 2022 et confirmée par un arrêt du 11 septembre 2025.

  • La loi du 14 février 2022 a modifié la définition du surendettement en incluant les dettes professionnelles.
  • Un arrêt de la Cour de cassation du 11 septembre 2025 confirme l’application de cette réforme, cassant une décision de justice qui excluait les dettes professionnelles.
  • Cette évolution vise à élargir l’accès à la procédure de traitement du surendettement aux entrepreneurs et travailleurs indépendants.

Jusqu’à récemment, les personnes exerçant une activité indépendante ou dirigeante étaient souvent exclues des dispositifs d’aide au surendettement, car leurs dettes professionnelles n’étaient pas prises en compte. La loi n°2022-172 du 14 février 2022 a profondément changé la donne en intégrant « l’ensemble des dettes, professionnelles et non professionnelles » dans l’appréciation de la situation financière d’un débiteur de bonne foi, conformément à la nouvelle rédaction de l’article L711-1 du Code de la consommation.

Cette réforme a pour objectif de corriger une injustice et d’offrir une protection accrue aux entrepreneurs en difficulté. Avant cette loi, la distinction entre dettes personnelles et professionnelles constituait un obstacle majeur à l’accès à la procédure de surendettement. Désormais, cette distinction n’est plus un critère d’irrecevabilité.

La Cour de cassation a récemment réaffirmé cette nouvelle interprétation dans un arrêt du 11 septembre 2025. Dans cette affaire, un débiteur avait vu sa demande de traitement de surendettement rejetée par les tribunaux inférieurs, qui estimaient que l’essentiel de ses dettes provenait de cotisations Urssaf (l’organisme de sécurité sociale français) dues lors de son activité de gérant de SARL (Société à responsabilité limitée) et d’impôts liés à une période d’auto-entrepreneuriat. Les juges du fond avaient considéré ces dettes comme professionnelles et donc exclues du calcul du surendettement.

La Cour de cassation a cassé cet arrêt, estimant que les dispositions de la loi du 14 février 2022 devaient être appliquées. Elle a rappelé que cette loi prévoit explicitement que les dettes professionnelles doivent désormais être prises en compte pour caractériser le surendettement.

« ces dispositions étaient applicables dans leur rédaction issue de la loi du 14 février 2022 prévoyant que sont dorénavant prises en compte les dettes professionnelles pour caractériser la situation de surendettement »

Cour de cassation, arrêt du 11 septembre 2025, n° 24-13.323

Bien que non publié, cet arrêt confirme une tendance jurisprudentielle amorcée dès 2024 et renforce la cohérence du dispositif de protection des consommateurs et des entrepreneurs en difficulté prévu par le Code de la consommation. Il souligne l’importance pour les commissions de surendettement et les tribunaux de prendre en compte l’ensemble des dettes d’un débiteur, sans distinction d’origine, afin d’évaluer sa situation financière de manière juste et complète.

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