Publié le 31 décembre 2025 à 19h34. Des manifestations de grande ampleur secouent l’Iran, alimentées par une crise économique sévère et une dépréciation rapide de la monnaie nationale. Les forces de l’ordre répriment les protestations, tandis que des appels à l’intensification des mobilisations émanent de sources extérieures.
- Des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes iraniennes, notamment Téhéran, Hamadan et Kuhdasht, en réponse à la détérioration de la situation économique.
- Le procureur général iranien a averti qu’une répression « ferme » attendrait ceux qui chercheraient à déstabiliser le pays sous couvert de protestations économiques.
- Le Mossad israélien a publiquement encouragé les manifestants iraniens à poursuivre leur mobilisation.
La colère populaire s’est initialement exprimée dimanche à Téhéran, avec des commerçants du Grand Bazar et d’autres centres commerciaux prenant la tête des protestations. Rapidement, le mouvement s’est étendu à d’autres villes et a attiré des participants de divers horizons, notamment des étudiants universitaires.
Dans la ville de Hamadan, située dans l’ouest du pays, des centaines de manifestants ont été aperçus scandant des slogans hostiles au régime, dont « Mort au dictateur », selon des images diffusées par l’ONG Hrana, basée aux États-Unis. Les forces anti-émeutes ont réagi en utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les foules.
Des vidéos en provenance de Kuhdasht, également dans l’ouest de l’Iran, montrent les forces de sécurité tirant sur des manifestants. Aucune information concernant des blessés ou des décès n’a été confirmée à ce stade. Des rassemblements ont également été signalés à Gánave, Dorud, Aligudarz et Fasa.
Le procureur général de la République islamique, Mohammad Movahedi-Azad, a mis en garde contre toute tentative de détournement des protestations économiques à des fins de déstabilisation. Cité par la télévision d’État, il a déclaré :
« Toute tentative visant à transformer les manifestations économiques en un instrument d’insécurité, de destruction de biens publics ou d’exécution de plans conçus à l’étranger sera inévitablement réprimée par des mesures juridiques, proportionnées et fermes. »
Parallèlement, le service de renseignement extérieur israélien, le Mossad, a affiché son soutien aux manifestants iraniens via le réseau social X, en leur lançant un message encourageant : « Nous sommes avec vous ».
Ces mobilisations sont directement liées aux difficultés économiques croissantes que traverse l’Iran. Le pays est confronté à une forte volatilité des taux de change, à une chute de la valeur du rial et à une instabilité économique générale, exacerbées par les sanctions sévères imposées par les États-Unis et l’ONU en raison de son programme nucléaire. L’inflation annuelle dépasse actuellement les 42 %, et l’inflation entre novembre et décembre a atteint 52 % par rapport à la même période l’année précédente. En 2025, la monnaie iranienne a perdu 69 % de sa valeur face au dollar.
gs (efe, afp)
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