L’Iran a averti samedi que tout État se joignant à la campagne économique des États-Unis serait considéré comme un ennemi. Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, a promis des représailles sismiques, alors que Washington prépare de nouvelles sanctions et que les tensions s’accumulent autour du détroit d’Ormuz.
L’affrontement entre Téhéran et Washington entre dans une phase critique alors que l’administration américaine prépare une escalade financière d’envergure. Le président Donald Trump a récemment annoncé ce qu’il qualifie de most crushing economic operation
contre l’Iran, promettant des conséquences redoutables pour tout pays offrant un soutien ou un répit économique au gouvernement iranien. Du côté américain, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a durci le ton en déclarant que les gouvernements devaient choisir leur camp, affirmant qu’ils étaient soit avec les États-Unis, soit contre eux, appelant notamment la Chine — qui achète plus de 80 percent des exportations pétrolières iraniennes — à s’aligner sur les restrictions occidentales.
L’avertissement de Mohsen Rezaei et la menace de représailles contre les alliés de Washington
Face à cette offensive, Téhéran a riposté verbalement par la voix de Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien. S’exprimant sur la chaîne de télévision d’État IRIB, le haut responsable a lancé un avertissement direct aux États de la région et de la communauté internationale.
Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de l’Iran, a déclaré à tous les pays de ne pas se joindre à la guerre économique menée par les États-Unis, ajoutant que tout pays participant à l’imposition de restrictions économiques à l’encontre de l’Iran serait considéré comme un ennemi.
Dans un premier temps, l’Iran privilégie la voie diplomatique en engageant des pourparlers avec les pays tentés de collaborer avec Washington pour les exhorter à s’en écarter. En cas de refus, l’exécutif iranien menace de cibler directement les intérêts économiques de ces États.
Tensions régionales et fracture diplomatique autour du détroit d’Ormuz
La situation des monarchies du Golfe, prises en étau entre leur alliance traditionnelle avec les États-Unis et la menace sécuritaire iranienne, devient de plus en plus précaire. Les attaques menées depuis le début du conflit le 28 février ont lourdement pesé sur les économies de la région, qui dépendent de la libre circulation dans le détroit d’Ormuz pour acheminer leurs hydrocarbures.

Pendant ce temps, les réactions internationales divergent nettement. Alors que les Émirats arabes unis ont officialisé la suspension de leurs liens économiques et financiers avec Téhéran face aux risques pesant sur la sécurité régionale, Pékin adopte une posture diamétralement opposée.
La posture de résistance du gouvernement iranien et l’état de l’économie nationale
À l’intérieur du pays, le président Masoud Pezeshkian a reconnu publiquement les difficultés économiques générées par ces années de restrictions quasi continues depuis la révolution islamique de 1979. S’exprimant lors d’une cérémonie en hommage aux idéaux de l’ayatollah Rouhollah Khomeini, Pezeshkian a admis que Téhéran mesurait la dureté des épreuves subies par sa population, tout en louant la résilience nationale et affirmant que les ennemis avaient imaginé qu’avec leur pression et leurs actions, l’Iran s’effondrerait.

Cette posture de défi s’accompagne d’une réorganisation militaire et industrielle. Le porte-parole du ministère iranien de la Défense, Rezaei Talaei-Nik, a indiqué que la production nationale d’équipements stratégiques avait connu une forte accélération au cours des douze derniers mois, malgré les frappes subies par le passé. Alors que les marchés surveillent la prochaine conférence de presse du Trésor américain pour évaluer la portée exacte des nouvelles mesures d’isolement, Téhéran signale qu’il entend répondre à chaque niveau d’escalade par des mesures de rétorsion ciblées.