Près de six mois après le début de la guerre au Moyen-Orient, l’Iran a qualifié lundi d’aveu de défaite la menace américaine d’un «D-Day économique». Washington prévoit de détailler cette campagne de pression pour couper les dernières lignes de survie de Téhéran, sur fond d’impasse diplomatique et de tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz.
L’administration américaine cherche à resserrer l’étau autour de l’économie iranienne. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a annoncé dans une tribune publiée par le journal financier britannique qu’un «D-Day économique» – en référence au Débarquement allié de 1944 en France – allait viser les dernières ressources du pays.
Sur les réseaux sociaux, Scott Bessent a affirmé que les États-Unis avaient démantelé les capacités militaires de l’Iran, détruit près de 100 % de ses usines militaires et mis fin à son programme nucléaire
. Cette communication agressive intervient alors que le conflit régional, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine contre Téhéran, reste dans l’impasse sur le plan diplomatique.
La riposte verbale de Téhéran face aux annonces de Washington
Du côté iranien, ces annonces ont été accueillies avec sarcasme et fermeté. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a rejeté ces arguments en pointant une contradiction flagrante dans le discours américain.

Le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien a adopté une position similaire. Le porte-parole de l’organisation, Hossein Mohebbi, a estimé que ces nouvelles mesures punitives équivalaient à un aveu implicite
de l’échec des États-Unis sur le front militaire, affirmant que Washington n’aurait pas besoin d’une telle campagne s’il avait réellement triomphé sur le terrain.
Menaces de sanctions secondaires et réalignements régionaux
Washington a averti que tout État maintenant des relations commerciales avec Téhéran verrait sa propre économie lourdement pénalisée. En réaction, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a prévenu lors d’une conférence de presse que toute complicité avec l’Amérique dans la mise en œuvre de ses actions agressives contre l’Iran aura assurément ses propres conséquences
, qualifiant ces pressions de terrorisme économique.
Les répercussions économiques s’étendent déjà au-delà des belligérants. Les Émirats arabes unis ont annoncé la suspension jusqu’à nouvel ordre de tous les échanges commerciaux et transactions financières avec l’Iran. En parallèle, la Chine, partenaire stratégique de Téhéran, a jugé que la stratégie de pression américaine ne permettrait pas de résoudre le conflit.
Le verrou du détroit d’Ormuz et la situation humanitaire intérieure
Au cœur de la confrontation, le détroit d’Ormuz reste largement sous contrôle iranien. Cette artère stratégique, par laquelle transitait un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran depuis six mois. La situation a provoqué une envolée des cours du pétrole et accentue la pression politique sur l’administration américaine à l’approche des élections de mi-mandat en novembre.

L’Autorité iranienne du détroit du Golfe persique a réitéré sa ligne dure, avertissant que les navires récalcitrants s’exposent à des amendes, des détentions ou des confiscations. Parallèlement, des discussions se poursuivent entre Téhéran et Oman, tandis que des médiations diplomatiques sont menées par le Pakistan, dont le chef de l’armée était attendu pour des entretiens dans la capitale iranienne.
Sur le plan intérieur, les sanctions pèsent lourdement sur la population malgré le discours officiel affichant l’autonomie du pays. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a reconnu que la nation fait face à de nombreuses difficultés économiques
.
| Indicateur économique | Donnée vérifiée |
|---|---|
| Inflation sur douze mois (au 22 juillet) | 66 % (contre 46 % en février) |
| Taux de change (dollar contre rial) | 1,88 million de rials (contre 1,65 million avant le conflit) |
| Exportations pétrolières (mi-août) | 0,4 million de barils par jour (contre deux millions avant la guerre) |
Selon les données de la société de suivi maritime Kpler rapportées par la presse francophone, le blocus des ports iraniens a fait chuter les ventes de brut à un niveau historiquement bas. Des habitants interrogés à Téhéran témoignent d’une réalité quotidienne particulièrement éprouvante, alors que le pays subit les conséquences cumulées du conflit et des décennies de restrictions internationales.