Les légendes du punk américain, Dead Kennedys, ont enflammé la Metro Theatre de Sydney samedi soir lors d’un concert énergique et sans concession. Entre riffs acérés, satire mordante et un public intergénérationnel, la soirée a prouvé que l’esprit punk est bien vivant.
L’ambiance était surprenante dès l’ouverture des portes : une file d’attente ordonnée et respectueuse, loin de l’image chaotique souvent associée au punk. Cet ordre apparent a même permis un aperçu rare des coulisses de la Metro Theatre, révélant l’organisation méticuleuse nécessaire pour garantir une expérience mémorable aux spectateurs. Le personnel de la salle a particulièrement brillé, offrant un soutien chaleureux aux personnes à mobilité réduite et des attentions délicates, comme un membre de l’équipe qui a distribué un t-shirt dédicacé à un fan, éclairant chaque signature avec une lampe torche avant de disparaître dans l’ombre.
Le public était un véritable melting-pot : des cheveux longs aux crânes rasés, en passant par quelques coiffures iroquoises fièrement arborées et une profusion de motifs à carreaux (plus Malcolm McLaren que Bay City Rollers, précisent les observateurs). Les premiers arrivés ont échangé des anecdotes et noué des amitiés au bord de la scène, dans l’attente du début du concert.
Avant l’arrivée des Dead Kennedys, un soundcheck discret a permis aux guitaristes ‘East Bay’ Ray Pepperell et ‘Klaus Flouride’ (Geoffrey Lyall) de régler leurs instruments, sous les applaudissements de l’assistance. Un moment de calme avant la tempête.
Dès les premières notes de Forward to Death, l’énergie est montée d’un cran, faisant vibrer la salle. Skip Greer, au micro, a incarné le rôle du prédicateur punk avec son style théâtral habituel. Entre les morceaux, ses commentaires étaient percutants et satiriques. MP3 Get Off the Web s’est vu offrir un remix pour 2025, dénonçant désormais l’absurdité de TikTok et l’inhumanité de l’intelligence artificielle. Une déclaration ironique se proclamant ambassadeur du « plus grand pays du monde – les États-Unis ! » a été accueillie par des huées nourries, suivie d’un débat animé sur ce qui constitue le « vrai » football, débouchant sur une transition musicale vers Jock-O-Rama.
Dans les balcons, un père et son fils se sont lancés dans un duo de chants endiablé, dansant avec une joie communicative – un témoignage de la capacité du punk à traverser les générations. En bas, les photographes se sont massés dans la fosse, hésitant à quitter leur poste même lorsque le groupe s’est approché pour se rapprocher du public.
« Moins de paroles… plus de rock ! », a ironiquement déclaré Greer, malgré la générosité de ses commentaires. Le concert a été un sans-faute, avec Kill the Poor déclenchant une réaction enthousiaste et Bleed for Me agrémenté d’un extrait surprise de Shake It Off de Taylor Swift, au grand bonheur de la foule.
La bière a volé, les spectateurs ont surfé sur la foule, et l’équipe de sécurité est restée remarquablement agile. La soirée s’est achevée sur une reprise explosive de Viva Las Vegas, suivie de Holiday in Cambodia et Chemical Warfare, laissant les fans transpirants et euphoriques.
La soirée avait été ouverte par le groupe de punk de Newcastle, Boudicca. Le groupe a su se faire une place de choix, en commençant par un hommage respectueux à la terre Gadigal non cédée et en électrisant le public, déjà nombreux et avides de découvrir leur premier coup de cœur punk. Ils ont captivé l’attention et ont sans aucun doute gagné de nouveaux fans.