Publié le 26 novembre 2023 19:15:00. L’Organisation des États américains (OEA) exhorte les autorités honduriennes à accélérer le dépouillement des élections générales de dimanche, alors que les résultats tardent à être publiés et que la tension monte entre les principaux candidats.
- La Mission d’observation électorale de l’OEA (MOE/OEA) demande une accélération du processus de vérification des résultats.
- Les résultats sont extrêmement serrés, avec une faible différence entre les candidats en tête.
- Des irrégularités ont été signalées, notamment par le candidat Salvador Nasralla.
Après plus de 18 heures sans avancée significative dans la publication des résultats des élections générales honduriennes, la Mission d’observation électorale de l’Organisation des États américains (OEA) a lancé un appel pressant aux autorités. L’organisation internationale insiste sur la nécessité de rationaliser le processus de contrôle et de garantir une traçabilité complète afin d’assurer la fiabilité des résultats.
Selon la MOE/OEA, la différence entre les candidats en tête est minime, ce qui exacerbe les tensions dans le pays. « Il est impératif que les autorités électorales garantissent pleinement que les étapes ultérieures du processus, y compris le volume élevé de procès-verbaux non encore comptabilisés, la phase de contrôle spécial et la phase de contestation, soient réalisées avec une totale clarté, une efficacité maximale et sans aucun type de retard », a déclaré l’organisation dans un communiqué.
Le dépouillement, en charge du Conseil National Electoral (CNE), est au point mort depuis vendredi après-midi. Avec 88,02 % des procès-verbaux traités, Nasry “Tito” Asfura, du Parti national, arrive en tête avec 1 132 321 voix (40,19 %), suivi de près par Salvador Nasralla, du Parti libéral, qui totalise 1 112 570 voix (39,49 %). Rixi Moncada, candidat du Parti Liberté et Refondation (Libre), occupe la troisième place avec 543 675 voix (19,30 %).
Sur les 16 858 procès-verbaux examinés jusqu’à présent, 14 451 ont été jugés « corrects », tandis que 2 407 présentent des « incohérences », ce qui pourrait conduire à un recomptage des voix. Par ailleurs, 2 571 procès-verbaux sont encore en attente d’être intégrés au centre de calcul, sur un total de 19 152. Cette situation suscite l’inquiétude des électeurs et des partis politiques, qui réclament transparence et célérité.
Salvador Nasralla a dénoncé l’existence de « graves incohérences et erreurs » dans plus de 5 000 procès-verbaux et a demandé au CNE un « examen approfondi » qui pourrait inclure une vérification individuelle des votes. Il a affirmé sur les réseaux sociaux que son équipe disposait de tous les procès-verbaux physiques et que, selon ses propres calculs, il aurait remporté les élections. Cependant, les données officielles le placent actuellement en deuxième position, avec un écart qui reste stable depuis jeudi.
Nasralla a appelé au calme et rappelé que le délai pour demander la révision des procès-verbaux expire le 29 décembre, conformément à la réglementation électorale. Le CNE, composé de représentants des partis National, Libéral et Libre, n’a pas encore fourni d’explications sur l’interruption du décompte, une situation qui se reflète sur le site Internet de l’organisation.
Ces élections générales, les douzièmes depuis le retour à la démocratie en 1980, revêtent une importance particulière pour le Honduras. Les citoyens ont élu le président, les trois vice-présidents, 298 maires, 128 députés au Parlement local et 20 députés au Parlement centraméricain, dans un processus qui met à l’épreuve la solidité du système électoral hondurien.
Le cadre juridique actuel donne au corps électoral jusqu’à 30 jours à compter du jour du scrutin pour publier les résultats définitifs, maintenant ainsi la société hondurienne dans l’attente jusqu’à la résolution finale du contrôle.
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