Publié le 7 novembre 2023 20:10:00. Face à une vague de démissions de médecins en Outaouais suite à l’adoption de la loi 2 sur la rémunération, la ministre déléguée à la Santé, Sonia Bélanger, a entamé une tournée de discussions avec les acteurs du milieu afin d’apaiser les tensions et de trouver des solutions.
- Une trentaine d’avis d’intention de démission ont été reçus par Santé Québec depuis l’adoption de la loi 2, dont une dizaine proviennent de l’Outaouais.
- La ministre Bélanger a rencontré les dirigeants du CISSS de l’Outaouais, des médecins et des représentants syndicaux pour « tendre la main » et comprendre les préoccupations.
- Des médecins québécois se tournent vers l’Ontario, avec 250 demandes de permis d’exercice reçues par le Collège des médecins de l’Ontario depuis le 23 octobre.
La ministre déléguée à la Santé, Sonia Bélanger, s’est rendue à Gatineau vendredi pour rencontrer les principaux intervenants du milieu médical, alors que l’Outaouais est particulièrement touchée par un exode de médecins depuis l’adoption de la loi 2 sur la rémunération, le 25 octobre dernier. L’objectif affiché est de renouer le dialogue et d’éviter une crise plus profonde.
« Je connais la situation en Outaouais, mais je veux l’entendre de vive voix », a déclaré la ministre Bélanger à l’émission Les matins d’ici. « Il y a une problématique de compréhension de cette loi. » Elle a insisté sur sa volonté de « reprendre les discussions avec les médecins » et de « travailler ensemble » pour mettre en place les ressources nécessaires.
Selon Santé Québec, une trentaine d’avis d’intention de démission ont été déposés par des médecins et des chefs de département à l’échelle de la province. Une dizaine de ces démissions concernent spécifiquement la région de l’Outaouais. Les échanges avec le PDG du CISSS de l’Outaouais, ainsi qu’avec des médecins et des représentants syndicaux, ont porté sur la situation régionale et les particularités de la région frontalière, où certains professionnels de la santé envisagent de quitter leurs postes.
Le CISSS de l’Outaouais a indiqué que la rencontre a permis de « transmettre à la ministre un portrait concret de la situation vécue sur le terrain ». La ministre Bélanger a reconnu que la loi 2 suscite des inquiétudes et qu’elle implique « beaucoup de changements », mais a réaffirmé que son gouvernement les juge nécessaires pour moderniser le système de santé, qu’elle juge devenu trop « technocratisé » face à la pénurie de main-d’œuvre.
Pour tenter de désamorcer la crise et encourager les fédérations des omnipraticiens et des spécialistes à revenir à la table des négociations, le gouvernement a annoncé mardi la suspension de deux articles de la loi 2.
La ministre Bélanger a également défendu l’utilisation du bâillon lors de l’adoption de la loi spéciale, soulignant que son gouvernement l’a utilisé moins souvent que ses prédécesseurs.
« Si on a passé le bâillon il y a deux semaines, ce n’était pas de gaieté de cœur. »
Sonia Bélanger, ministre déléguée à la Santé, ministre responsable des Aînés et des Proches aidants et des Services sociaux
« On est le gouvernement qui a adopté le moins, le plus petit nombre de lois sous bâillon. On est rendu à 7 ou 8 bâillons depuis 8 ans. Il y avait certains gouvernements qui faisaient ça 7 à 8 bâillons par année, donc on n’a pas abusé de ça », a-t-elle affirmé.
Parallèlement, des médecins québécois se montrent intéressés par la pratique en Ontario. Le Collège des médecins de l’Ontario a reçu 250 demandes de permis d’exercice depuis le 23 octobre. L’Hôpital Montfort d’Ottawa a quant à lui reçu 50 candidatures de médecins québécois, principalement des médecins de famille originaires de Montréal, de Québec et du Saguenay.
La ministre Bélanger a tenté de relativiser cette tendance, soulignant que des départs de médecins vers d’autres provinces se produisent chaque année pour des raisons personnelles ou professionnelles.
« Chaque année il y a des médecins qui quittent vers d’autres provinces. »
Sonia Bélanger, ministre déléguée à la Santé, ministre responsable des Aînés et des Proches aidants et des Services sociaux
Elle a appelé les médecins à « attendre » et à poursuivre les discussions, insistant sur le fait que « la seule façon de régler ça, ce n’est pas de partir puis de quitter. La seule façon de régler ça, c’est de se rasseoir à la table et de communiquer ». Elle a conclu en soulignant la qualité des médecins québécois : « On a des médecins ici qui sont les meilleurs au monde. »
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