Une commission de l’ONU a conclu le 26 octobre 2026 que les attaques russes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Présenté à l’Assemblée générale, le rapport détaille l’impact de la destruction des chaufferies et des réseaux électriques sur des millions de civils.
Les frappes contre le réseau électrique qualifiées de crimes de guerre
La Commission internationale indépendante d’enquête sur l’Ukraine a soumis son nouveau rapport au cours de l’assemblée générale des Nations unies. Les enquêteurs estiment que la destruction systématique des centrales de chauffage, des lignes à haute tension et des installations gazières s’inscrit dans une politique d’État délibérée. L’objectif de cette stratégie serait de priver la population civile des services essentiels et d’infliger de grandes souffrances en weaponisant le froid de l’hiver.
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L’enquête s’est particulièrement attardée sur les conditions de vie observées durant la saison froide 2025-2026. À cette période, les températures ont chuté jusqu’à -21 degrés Celsius, plongeant des millions d’Ukrainiens dans des coupures prolongées de chauffage, d’électricité, d’eau et de gaz. Les témoignages recueillis auprès de 255 personnes dans neuf régions différentes décrivent un quotidien marqué par des logements non chauffés et l’impossibilité d’utiliser des équipements vitaux en raison des pannes soudaines.
La fréquence, l’intensité et la portée géographique des vagues systématiques d’attaques avec des centaines de drones et de missiles à la fois ont augmenté au fil des ans et ont infligé des dommages importants au secteur énergétique de l’Ukraine.
Commission internationale indépendante d’enquête sur l’Ukraine, via Al Jazeera
La menace pèse sur la saison froide
Le président de la commission, Erik Møse, a souligné que les frappes intensifiées à l’approche de l’hiver font peser de graves menaces sur la santé et la survie de la population civile.
I held a coordination call on the situation with weapons supplies from our partners and efforts to restore energy infrastructure following Russian strikes. Prime Minister Sergii Koretskyi reported on the work underway in the regions. I thank every repair crew and all energy… pic.twitter.com/5lGjcp7Q0i
Les commandants russes qui ordonnent ces opérations savaient pertinemment que ces installations de chauffage étaient indispensables pour les habitants des grands centres urbains, selon l’évaluation de l’organe onusien.
Du côté des autorités ukrainiennes, le ministère des Affaires étrangères a salué ce travail d’enquête impartial. Le gouvernement ukrainien a rappelé que la destruction planifiée des infrastructures expose les citoyens à la pénombre et au gel. Le pays a affirmé que de telles conclusions doivent rendre la redevabilité inévitable pour les auteurs de ces actes.
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L’ONU dénonce le recrutement forcé d’étrangers
Outre les frappes sur l’énergie, le rapport de l’ONU documente un autre volet des violations du droit international : le recrutement de combattants étrangers au sein des forces armées russes. L’enquête a établi que des hommes originaires de 29 pays ont été enrôlés par le biais de la tromperie. D’autres l’ont été par la contrainte, constituant des actes de traite d’êtres humains contraires aux droits de l’homme.
Les victimes, issues majoritairement de communautés marginalisées et vulnérables, ont été attirées par de faux promesses d’emploi avant d’être envoyées sur la ligne de front. La commission demande la libération immédiate de tous ces ressortissants étrangers enrôlés de force.

Moscou rejette les conclusions de l’enquête
Alors que la commission onusienne a également examiné les attaques menées par les forces ukrainiennes contre des infrastructures énergétiques en territoire russe ou dans les zones occupées, elle n’a pas pu en mesurer l’impact complet.
En effet, la Fédération de Russie n’a pas accordé d’accès aux territoires concernés et n’a pas répondu aux demandes d’information des enquêteurs.
La mission permanente de la Russie auprès des Nations unies a rejeté ces conclusions, affirmant que Moscou ne reconnaît pas le mandat de la commission et qualifiant les données du rapport de falsifiées. Le gouvernement russe soutient de son côté que ses opérations visent exclusivement des cibles militaires ou des infrastructures soutenant l’effort de guerre ukrainien.