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L’ONU dénonce les crimes contre l’humanité commis par la Garde nationale bolivarienne au Venezuela

by Nicolas Lefèvre

Publié le 11 décembre 2025 à 10h43. Un rapport accablant de l’ONU dénonce des crimes contre l’humanité commis par la Garde nationale bolivarienne (GNB) au Venezuela, révélant un schéma systématique de répression politique et de violence impunie.

  • La Garde nationale bolivarienne (GNB) est accusée de détentions arbitraires, de torture et de violences sexuelles depuis plus d’une décennie.
  • Le rapport met en évidence un usage disproportionné de la force par la GNB lors de manifestations, incluant des tirs directs sur des civils.
  • Des responsables de la GNB et des hauts commandants militaires et politiques pourraient être tenus pénalement responsables devant la Cour pénale internationale (CPI).

Un rapport de 123 pages, publié jeudi par la Mission internationale indépendante d’enquête créée par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, accuse les forces de la Garde nationale bolivarienne (GNB) au Venezuela de crimes contre l’humanité et de graves violations des droits de l’homme. Le document détaille des années d’abus, soulignant un schéma de répression systématique ciblant l’opposition politique et les manifestants.

Selon le rapport, les membres de la GNB ont perpétré et contribué directement à des détentions arbitraires, des actes de torture, des traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que des actes de violence sexuelle et sexiste. Ces actions se sont produites dans le contexte de la répression des manifestations de masse et lors d’opérations de persécution politique sélective.

L’étude examine en particulier le rôle de la GNB dans la répression des manifestations de 2014, 2017, 2019 et 2024. Le rapport documente un recours disproportionné à la force, incluant l’utilisation d’armes à feu, parfois mortelles, et des tirs inappropriés. La mission a trouvé des motifs raisonnables de croire que les responsables de cet organisme ont tiré avec des armes à feu sans discernement, visant directement les zones vitales du corps des victimes.

Au-delà de la violence physique, le rapport dénonce des pratiques telles que la modification des projectiles pour causer des blessures plus graves, les détentions arbitraires massives et ciblées, les violences physiques lors des arrestations, la fabrication de preuves, la torture, les mauvais traitements et les violences sexuelles commises dans les centres de détention provisoire.

Ce contexte est marqué par une impunité généralisée. La militarisation de la sécurité publique, résultant de la fusion des fonctions militaires et policières au sein de la GNB, a étendu le rôle de cet organisme dans le contrôle social et la répression interne. Cette situation a été facilitée par une chaîne de commandement hautement centralisée, sous la direction de Nicolas Maduro, commandant en chef des Forces armées nationales bolivariennes, sans mécanismes de responsabilisation efficaces.

Le rapport souligne que la GNB a joué un rôle déterminant dans la commission du crime contre l’humanité de persécution politiquement motivée. Selon les données de la société civile citées dans le document, la Garde nationale a procédé au plus grand nombre d’arrestations à des fins politiques en 2019 et 2020, et a joué un rôle clé dans la capture et la criminalisation des opposants après les élections de 2024.

En matière de responsabilité pénale, la mission estime que les responsables de la GNB, ainsi que les hauts commandants militaires et politiques, pourraient être tenus responsables devant la justice internationale, en vertu des articles 25 et 28 du Statut de Rome qui régit la Cour pénale internationale (CPI).

La Mission internationale indépendante d’enquête a été créée en septembre 2019 par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. L’équipe était composée du juriste portugais Marta Valinas, du chilien Francisco Cox et de l’Argentine Patricia Tappata, qui ont achevé leur mandat le 31 octobre.

La publication de ce rapport coïncide avec une période d’attention internationale accrue pour le Venezuela, survenant un jour après la remise du prix Nobel de la paix à la chef de l’opposition vénézuélienne Maria Corina Machado, une récompense reçue en son nom par sa fille Ana Corina Sosa en raison de l’absence de la lauréate à la cérémonie.

Les conclusions de la mission soulignent que les abus documentés ne sont pas des incidents isolés, mais reflètent un schéma systématique de violence et de répression visant à soumettre les victimes.

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