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L’UE va proposer des règles sur les locations à court terme pour lutter contre la « crise sociale » du logement | Union européenne

Publié le 15 octobre 2024 à 08h57. L’Union européenne se prépare à réglementer plus strictement les locations de courte durée via des plateformes comme Airbnb et Booking.com, face à une crise du logement qui touche de plein fouet…

L’UE va proposer des règles sur les locations à court terme pour lutter contre la « crise sociale » du logement | Union européenne

Publié le 15 octobre 2024 à 08h57. L’Union européenne se prépare à réglementer plus strictement les locations de courte durée via des plateformes comme Airbnb et Booking.com, face à une crise du logement qui touche de plein fouet les populations européennes et alimente la montée des populismes.

  • La Commission européenne va proposer de nouvelles règles pour encadrer les locations à court terme.
  • Ce projet s’inscrit dans un plan plus large pour lutter contre la crise du logement abordable en Europe.
  • Le commissaire européen au logement, Dan Jørgensen, met en garde contre une possible progression des partis anti-européens si la question du logement n’est pas traitée sérieusement.

Bruxelles entend enfin prendre le problème du logement à bras-le-bras. Le premier commissaire européen au logement, Dan Jørgensen, a annoncé la préparation de nouvelles réglementations visant à encadrer les locations de courte durée, notamment celles proposées par des plateformes comme Airbnb et Booking.com. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de crise sociale croissante liée à l’accès au logement, particulièrement dans les grandes villes européennes.

Dans un entretien accordé à plusieurs médias européens, dont The Guardian, Dan Jørgensen a souligné l’urgence de la situation. Il a averti que l’inaction de l’Union européenne face à cette crise pourrait favoriser la montée en puissance des partis populistes anti-européens.

« Si nous, en tant que décideurs politiques, ne prenons pas ce problème au sérieux et ne reconnaissons pas que c’est un problème de société et qu’il nécessite une action, alors… les populistes anti-européens gagneront »,

Dan Jørgensen, commissaire européen au logement

Le plan de logement abordable, que M. Jørgensen a été chargé d’élaborer, était initialement prévu pour 2026. Il sera finalement présenté en décembre prochain, en raison de l’aggravation de la crise. Jørgensen insiste sur le fait que le logement est désormais une compétence européenne à part entière, et que Bruxelles ne peut plus se désintéresser de cette question.

Les locations de courte durée sont pointées du doigt pour leur contribution à la hausse des loyers et à la transformation de quartiers résidentiels en zones touristiques. Selon M. Jørgensen, elles constituent « un énorme problème dans de nombreuses villes », sans pour autant citer de plateformes spécifiques ou détailler les mesures envisagées.

La crise du logement en Europe se traduit par une augmentation significative des prix de l’immobilier et des loyers. Entre 2010 et 2023, les prix de l’immobilier ont augmenté de 48 % et les loyers de 22 % dans l’Union européenne, tandis que l’inflation a progressé de 36 %, selon l’agence statistique de l’UE, Eurostat. Certains pays, comme l’Estonie (hausse des loyers de 211 %), la Lituanie (169 %) et l’Irlande (98 %), ont connu des augmentations encore plus importantes.

En 2023, près de 9 % de la population européenne consacrait 40 % ou plus de ses revenus disponibles au logement, un chiffre qui atteint 29 % en Grèce, 15 % au Danemark et 13 % en Allemagne.

Le plan européen pour le logement abordable abordera également la « financiarisation » du logement, c’est-à-dire sa transformation en un simple produit financier.

« Il est clair que lorsque le logement devient une marchandise, quelque chose qui est utilisé à des fins de spéculation sans qu’il soit nécessaire de prendre en considération le reste de la société, alors bien sûr, cela peut potentiellement causer des problèmes »,

Dan Jørgensen, commissaire européen au logement

La Commission européenne étudie différentes pistes, notamment la possibilité d’imposer aux promoteurs de construire un certain pourcentage de logements abordables. L’Espagne envisage même une taxe de 100 % sur les biens immobiliers achetés par des non-résidents de l’UE, tandis que des députés socialistes proposent d’interdire purement et simplement les achats immobiliers par des étrangers.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a créé ce poste de commissaire au logement en 2024 afin de rallier le soutien des socialistes au Parlement européen et assurer ainsi un second mandat. Les élections européennes de 2024 ont mis en évidence l’importance des questions sociales, notamment le coût de la vie et le logement, pour les électeurs. Selon une enquête du Parlement européen, 42 % des personnes interrogées ont cité ces facteurs comme principaux motifs de vote.

Les dirigeants européens devraient discuter de ces questions lors d’un sommet la semaine prochaine. Si un consensus se dégage, il faudra tenir compte des spécificités des marchés immobiliers dans les 27 États membres.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.